Citation
Acad. Roy. Scienc. d'Outre-Mer
Biographie Belge d'Outre-Mer,
T. VII-B, 1977, col. 335-336
161
SANDRART (Georges-Victor), Résident du
Rwanda (Jodoigne, 7.12.1899 - Woluwe-StPierre, 16.12.1973). Fils de Constantin Adolphe-Maurice-Joseph et de Barras Alexandrine;
époux de Luppens, Marie-Madeleine.
Georges Sandrart qui fit l'entièreté de sa
carrière dans les Territoires sous mandat du
Ruanda-Urundi, y partit pour la première fois
en qualité d'agent territorial, en février 1924.
Il était le fils d'un pionnier de l'Etat Indépendant du Congo, le lieutenant de la Force Publique Constantin Sandrart qui, à la fin du
siècle dernier, participa à la première occupation du Kivu par les Belges: il fit alors une
éphémère incursion sur la rive orientale de la
rivière Ruzizi, à hauteur de Bugarama, et
poussa de là jusqu'à Chyangugu, au Rwanda,
cher souvenir que son fils se retrouvant sur les
lieux évoquait parfois avec quelque discrète et
légitime fierté.
Nommé administrateur territorial (« délégué du Résident », selon la terminologie officielle en usage à l'époque au R.-U.) en janvier
1928, il en exerça les fonctions successivement
à Rukira, puis à Kigali. En 1939, il remplit
les fonctions de résident-adjoint du Rwanda.
Il est ensuite désigné, en 1941, pour exercer
les mêmes fonctions en Urundi. Nommé commissaire de district de 2° cl. le 1.7.1942, il occupe le poste de résident du Rwanda dont il
assumera la charge jusqu'à la fin de sa carrière (janvier 1951), exception faite d'une période d'une année environ (1945-1946) au
cours de laquelle il fut appelé à Usumbura,
au siège du Gouvernement central des Territoires, pour y remplir les fonctions de commissaire provincial.
Rentré en Belgique, il devint un des directeurs du Centre d'information et de documentation du Congo belge et du Ruanda-Urundi,
poste qu'il occupa jusqu'à la dissolution de cet
organisme parastatal.
Georges Sandrart fut une des personnalités
les plus notoires du Ruanda-Urundi. Y étant
arrivé en 1924, soit au lendemain de la conquête du pays par les Belges, alors qu'on en
était aux premières mesures d'organisation administrative, il en fut bientôt un des fonctionnaires les plus avertis des besoins du pays.
Jeune territorial, il avait dès ses premiers contacts avec les populations manifesté un goût
très vif de les comprendre, d'interpréter leurs
institutions, pour les adapter au mieux aux
circonstances nouvelles.
Il s'appliqua plus particulièrement à pénétrer la mentalité hermétique et retorse des
Tutsi, caste énigmatique d'une persévérance
aussi secrète qu'obstinée dans l'exécution de
ses desseins, dans la défense de son pouvoir
éminent sur les Hutu, de ses privilèges. Sandrart en admirait — à juste titre — le sens
politique exceptionnel. Il a publié, à leur sujet,
une étude pénétrante: Le Mutulsi, cet inconnu.
Notons encore que, lié depuis sa jeunesse
au mouvement du scoutisme, il lui avait gardé
une fidélité d'intérêt et de préoccupation qu'il
manifesta encore dans les derniers jours qui
précédèrent son décès.
[J.V.]
25 mars 1976.
A. Gille.