Fiche du document numéro 36309

Num
36309
Date
Mardi 19 juillet 1994
Amj
Hms
19:00:00
Taille
16382
Sur titre
Journal de 19 heures
Titre
L'exode massif de la population rwandaise vers le Zaïre a une explication : la panique provoquée par la propagande gouvernementale
Lieu cité
Mot-clé
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Résumé
- In Rwanda, the new government is taking office. The new President was sworn in today. The RPF has a firm grip on the country, except for the security zone, which remains protected and defended by the French.

- Paris recognizes the victory of the Rwandan Patriotic Front. But on the ground, the tragedy continues: a new wave of refugees is now entering Zaire from the south.

- Rwandans are no longer dying solely from machete attacks or disease. Now, people are also dying from dehydration and malnutrition, exhausted and dying before the eyes of others, more resilient, living on borrowed time. Relatives stay until the very end, by the side of those whom death takes, powerless to do anything.

- The scale of what is happening in the Rwandan refugee camps in Zaire is unprecedented. Worse than Somalia, Kurdistan, or the former Yugoslavia.

- Since last Wednesday [July 13], 1,500,000 people have fled Rwanda, which is being emptied of its population.

- This mass exodus has one explanation: the panic caused by government propaganda broadcasting radio messages claiming that the RPF's advance was accompanied by widespread massacres.

- An inadequate airport, difficult-to-organize road convoys, and humanitarian aid arriving in dribs and drabs. Only 60 tons of food have been delivered so far, while 600 tons are needed daily.

- Overwhelmed by the scale of the tragedy, humanitarian organizations say that if aid is not better organized within three days, we will witness an "unbelievable disaster."
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Gilles Leclerc :] Au Rwanda le nouveau gouvernement s'installe. Le nouveau Président a… prêté serment aujourd'hui. Le FPR contrôle bien le pays, mis à part la zone de sécurité toujours protégée et défendue par les Français.

Paris reconnaît la victoire du Front patriotique rwandais. Mais sur le terrain c'est toujours la tragédie : une nouvelle vague de réfugiés pénètre maintenant au Zaïre par le côté sud. Jean-François Gringoire.

[Jean-François Gringoire :] Ce n'est plus sous les coups de machette ni uniquement de maladie que les Rwandais sont en train de mourir [le reportage s'ouvre sur un gros plan d'une personne agonisant au sol ; une incrustation "Camp de réfugiés de Kibumba, Zaïre, aujourd'hui" s'affiche en haut de l'écran]. C'est aussi maintenant de déshydratation, dénutrition que les gens meurent à bout de forces, sous les yeux des autres, plus résistants, en sursis [on voit des hommes poser des cadavres d'enfants dans une fosse commune].

Les proches restent jusqu'au bout, près de ceux que la mort emporte sans pouvoir faire quoi que ce soit [gros plan sur un enfant regardant le corps d'un adulte gisant dans l'herbe].

L'ampleur de ce qui est en train de se produire dans les camps de réfugiés rwandais au Zaïre est sans précédent. Pire que la Somalie, le Kurdistan ou l'ex-Yougoslavie [vue panoramique sur un camp de réfugiés].

Depuis mercredi dernier [13 juillet], ce sont 1 500 000 personnes qui ont fui le Rwanda qui est en train de se vider de sa population [on voit des réfugiés s'agglutiner autour d'un camion-citerne].

Cet exode massif a une explication : la panique provoquée par la diffusion, par la propagande gouvernementale, de messages radio affirmant que l'avancée du FPR s'accompagnait de massacres généralisés [diffusion d'images de réfugiés en train de marcher en portant leurs bagages sur leur tête].

Aéroport inadéquat, convois routiers difficiles à organiser, l'aide humanitaire arrive au compte-gouttes [on voit un avion gros-porteur en phase d'atterrissage]. 60 tonnes de nourriture déjà livrées alors qu'il en faudrait 600 par jour [des hommes de la Croix-Rouge débarquent les vivres de l'avion gros-porteur].

Dépassées par l'ampleur de la tragédie, les organisations humanitaires affirment que si l'aide ne s'organise pas mieux que ça d'ici trois jours, on assistera, je cite, à un "incroyable désastre" [gros plan sur une foule de réfugiés].

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fgtquery v.1.9, 9 février 2024