Date
Mercredi 17 juin 1992
Titre
Lettre à Claire-Emmanuelle Mercier
Citation
[Extrait :]
Les affaires rwandaises sont toujours un peu beaucoup embrouillée[s]. La vague de pillage qui a dévasté la Préfecture de Byumba semblait s'être calmée. Les militaires rwandais qui désertaient semblaient revenus à la raison. Mais hier [16 juin] tout a basculé. Giti qui était restée jusqu'à maintenant hors du bazar a été touchée de plein fouet. Deux militaires en cavale ont abattu le plus gros commerçant de la Commune et deux de ses voisins. Cela s'est passé lundi soir [15 juin] vers 20 h alors que j'étais à Kigali. Il a été abattu chez lui au bord du lac à environ 6 km de chez moi. Depuis nous (les volontaires de Byumba) dormons tous ensemble à Rutaré.
Ce soir je suis passé à Giti après le travail pour avoir des nouvelles. J'ai été servi. 6 militaires en cavale se balladent [sic] actuellement armés jusqu'aux dents au bord du lac. Le Bourgmestre y est descendu. Pourvu qu'il ne lui arrive rien. Je n'ai pas pu attendre son retour car je ne voulais pas rentrer de nuit. La Commune est traumatisée et en état d'alerte. Les commerçants du centre ne dorment plus chez eux mais sur la colline pour ne pas risquer de se retrouver en face des pillards.
[…]
Pendant ce temps là, les forces armées françaises appuient l'armée rwandaise au Nord. Pourtant les rumeurs indiqueraient que les "rebelles" progresseraient. C'est à n'y rien comprendre.
Haut
fgtquery v.1.9, 9 février 2024