Date
Vendredi 15 juillet 1994
Sur titre
Journal de 24 heures
Titre
Rafiki Hyacinthe Nsengiyumva, ministre des Transports et de l'Énergie de l'ex-gouvernement rwandais : « À l'extérieur, nous nous organiserons. Ce n'est que partie remise »
Sous titre
La France déclare qu'elle ne tolérera aucune activité politique ou militaire dans la zone humanitaire qu'elle contrôle.
Résumé
- The mass exodus of Hutu refugees continues in eastern Zaire. They now number over 250,000.
- At the UN in New York, the Patriotic Front announced the formation of a broad-based national unity government and a unilateral ceasefire next week.
- France, faced with the confirmed presence of members of the interim government who fled into the humanitarian zone it controls, declared that it would not tolerate any political or military activity in this region.
- They number in the tens of thousands, spread over dozens of kilometers. A people on the move, fleeing their country, driven as much by the advance of the RPF as by the propaganda of the former Rwandan government, which urged them to leave their villages.
- After the civilians, now estimated at over 500,000, it is now Rwandan army soldiers who are seeking refuge in Zaire. An army in disarray, with its wounded, its able-bodied men, and its officers without orders or weapons.
- At the border, the Zairian military is relentlessly hunting down all weapons, grenades, machetes, and other instruments of death. As a result, rifles, Kalashnikovs, machetes, and pistols are piling up all around the post.
- A little further on, in Rwandan territory, in the last few square kilometers held by the former government, militiamen are still parading in the streets. But here the exodus is even more massive, and one can even encounter former ministers who are already talking about reconquest. Rafiki Hyacinthe Nsengiyumva, Minister of Transport and Energy in the former Rwandan government: "When the RPF enters Gisenyi, we will not risk our lives because we know we are the RPF's favorite target. We will go outside, we will organize ourselves. This is just a postponement".
- But for now, it is still a debacle for the former Rwandan government. A debacle that has resulted in the largest population exodus of the end of this century.
Type
Transcription d'une émission de télévision
Citation
[Philippe Lefait :] Madame, Monsieur, bonsoir. Dans l'actualité de ce vendredi, l'exode massif de réfugiés hutu se poursuit dans l'Est du Zaïre. Ils sont désormais plus de 250 000.
À l'ONU à New York, le Front patriotique annonce pour la semaine prochaine la formation d'un gouvernement national…, d'union nationale à base élargie et un cessez-le-feu unilatéral.
Enfin la France, devant la présence constatée de membres du gouvernement intérinaire [sic] en…, en fuite dans la zone humanitaire qu'elle contrôle, déclare qu'elle ne tolérera aucune activité politique ou militaire dans cette région. Reportage sur place de nos envoyés spéciaux Laurent Boussié et Alain Saingt.
[Laurent Boussié :] Ils sont des dizaines de milliers sur des dizaines de kilomètres. Un peuple en marche qui fuit son pays poussé autant par l'avancée du FPR que par la propagande de l'ex-gouvernement rwandais qui leur a demandé de quitter leur village [diffusion d'images de réfugiés regroupés dans un immense camp].
Après les civils, estimés aujourd'hui à plus de 500 000, ce sont maintenant les militaires de l'armée rwandaise qui cherchent à trouver refuge au Zaïre. Une armée en déroute avec ses éclopés, ses hommes valides et ses officiers sans ordres et sans armes [on voit des militaires rwandais en file indienne se faire inspecter un par un par un soldat zaïrois].
À la frontière, les militaires zaïrois font une chasse implacable à tout ce qui est armement, grenade, machette et autre engin de mort. Alors, tout autour du poste, s'amoncellent des fusils, des kalachnikovs, des coupe-coupe, des pistolets [gros plan sur les armes saisies].
Un peu plus loin, en territoire rwandais, dans les derniers kilomètres carrés tenus par l'ancien gouvernement, les miliciens paradent toujours dans les rues [on voit des miliciens et un soldat des FAR assis à l'arrière d'un pick-up]. Mais ici l'exode est encore plus massif et on peut même rencontrer d'anciens ministres qui parlent déjà de reconquête [on voit des réfugiés en train de marcher, dont des enfants].
["Yocinthe Raftki [Rafiki Hyacinthe Nsengiyumva], Ministre des Transports et de l'Energie de l'ex-gvt. Rwandais" : "Quand le FPR va entrer dans Gisenyi, bien sûr on ne va pas risquer notre vie, euh, parce que nous savons que nous sommes la proie préférée du FPR. Euh…, on va s'organiser, on va aller en cachette, hein ! Et ils ont passé 30 ans à l'extérieur, vous savez. 30 ans à l'expé…, euh, à l'extérieur. Depuis 59, ils étaient à l'extérieur. Nous autres nous allons aussi à l'extérieur, nous nous organiserons. Ce n'est que une partie remise, euh…, c'est…, j'peux vous dire".]
Mais pour l'instant, c'est encore la débâcle dans le camp de l'ex-gouvernement rwandais. Une débâcle qui se traduit par l'exode de population le plus important de cette fin de siècle [diffusion d'images de réfugiés en train de marcher].
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