«
Mes pensées vont à mes enfants et petits-enfants mais aussi à tous ceux que le génocide des Tutsis a fracassés, aux victimes pour lesquelles Dafroza a consacré sa vie », a déclaré M. Gauthier à l’AFP.
«
Je voudrais remercier tous ceux qui disent que Dafroza est une grande dame qui a changé quelque chose dans leur vie », a-t-il encore dit.
Souvent surnommés «
les Klarsfeld du Rwanda » – en référence aux chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld, le couple Gauthier a cofondé en 2001 le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Un collectif à l’origine de la quasi-totalité des plaintes contre des Rwandais·es réfugié·es en France, suspecté·es d’avoir pris part au génocide des Tutsis, qui fit plus de 800 000 morts d’avril à juillet 1994.
Pendant près de trente ans, Dafroza Mukarumongi-Gauthier, ancienne ingénieure chimiste, a sillonné avec son mari, sur leurs congés, puis pendant leur retraite, les collines du Rwanda à la recherche de témoignages d’ex-tueurs, de prisonniers et de prisonnières, et de survivant·es.
Leur vie a basculé le 8 avril 1994, lorsque la mère de Dafroza a été abattue par balles dans une paroisse où elle s’était réfugiée. «
Oncles, neveux, cousins… » seront également exterminés. Entre «
70 et 80 personnes » mourront, avait raconté Dafroza Gauthier à l’AFP en 2024, toute sa famille du côté maternel : «
C’est un vertige et un gouffre… tous ces morts qui nous habitent. »
En raison des liens historiques entre Paris et le régime du président rwandais de l’époque Juvénal Habyarimana, nombre de génocidaires ont trouvé refuge en France et bénéficié pendant des années d’un accueil «
complaisant », dénoncent les Gauthier.
Pour Dafroza Gauthier, «
la justice permet de faire le deuil », d’«
enrayer l’impunité ». «
Ce que l’on fait au cours d’un procès, c’est réhabiliter les victimes, dire leurs noms et ce qu’elles étaient, racontait-elle à l’AFP en 2024
. C’est cette réparation morale que les victimes attendent. »