Fiche du document numéro 36554

Num
36554
Date
Jeudi 21 juillet 1994
Amj
Hms
07:30:00
Auteur
Auteur
Fichier
Taille
15815
Pages
2
Sur titre
Journal de 7 heures 30
Titre
Notre envoyé spécial à Kigali a rencontré une vingtaine d'orphelins qui en dépit de tout tentent de survivre
Lieu cité
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Mot-clé
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Résumé
- Every day, we report on the situation in Rwanda because it grows increasingly critical. Just yesterday [July 20], thousands of refugees died of starvation or exhaustion.

- Cholera has even broken out in the camps, which house a total of nearly two million refugees. France has decided to increase its humanitarian aid, as have the United States, though some view this as a token gesture.

- Our special correspondent is in Kigali. He met a group of about twenty orphans who are trying to survive against all odds.

- A return to the Sainte-Famille church in the wake of the tragedy. The refugees have finally left the Kigali church where they had sought shelter for months. They have departed, but they left these children behind, some are orphans, while others simply have no news of their parents.

- They live down below in the old primary school, sleeping, eating, and living together. They rarely go out because they are afraid; they venture out only occasionally to visit abandoned houses in search of something to survive on.

- They have even appointed a group leader, likely simply because he is the oldest. He is 18.

- They have established some basic rules, yet violence persists. For a long time now, the law of the strongest has been the only rule in Kigali.

- They say they were promised help and are waiting for it. One of them has even decided to resume his studies, while the others say that can wait for later.
Source
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Anne Mourgues :] Étranger maint'nant : chaque jour nous vous parlons de la situation au Rwanda parce qu'elle est chaque jour un p'tit peu plus critique. Hier encore [20 juillet] des milliers de réfugiés sont morts de faim ou d'épuisement.

Dans les camps qui regroupent au total près de deux millions de ces réfugiés [plan large sur un immense camp de réfugiés], le choléra a même fait son apparition. Geste dérisoire pour certains, la France a décidé d'augmenter son aide humanitaire tout comme les États-Unis [gros plans montrant successivement un tout jeune enfant assis sur le sol devant des cadavres et un enfant couché sur le sol en train de pleurer].

Notre envoyé spécial Éric Monier est à Kigali. Il a rencontré une vingtaine d'orphelins qui en dépit de tout tentent de survivre.

[Éric Monier :] Retour à la Sainte-Famille après la tragédie. Les réfugiés ont enfin quitté cette église de Kigali où ils ont tenté de trouver refuge des mois durant. Ils sont partis mais ils ont laissé derrière eux ces enfants [on voit de jeunes garçons dans l'enceinte de l'église ; l'un d'eux porte un casque de moto]. Des orphelins pour certains, les autres sont simplement sans nouvelles de leurs parents [gros plan sur un jeune enfant en train de fumer].

Ils vivent là, en contrebas, dans l'ancienne école primaire, dorment, mangent et vivent ensemble [on les voit en train de préparer à manger à l'extérieur]. Ils sortent peu parce qu'ils ont peur, tout juste de temps à autre pour visiter quelques maisons abandonnées et tenter d'y trouver de quoi survivre.

Ils ont même désigné un chef de bande, sans doute tout simplement parce qu'il est le plus âgé. Il a 18 ans [on le voit au milieu d'une classe ; il est coiffé d'un casque de chantier].

[Le chef de bande [il s'exprime en kinyarwanda mais ses propos sont traduits] : "J'ai fait une liste des 19 enfants qui vivent là pour que d'autres ne viennent pas s'incruster. Ils peuvent passer une nuit ici et après ils doivent partir".]

Une ébauche de règles communes qui n'évite pas la violence [on voit deux garçons en train de se chamailler]. La loi du plus fort est la seule qui préside depuis déjà longtemps à Kigali.

Ils disent qu'on leur l'a promis, ils attendent de l'aide. L'un d'eux a même décidé de recommencer à étudier [gros plan sur le visage de l'enfant qui semble lire]. Les autres disent que pour ça on verra plus tard [on voit un autre orphelin faire du vélo devant les bâtiments de l'église].
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