Date
Vendredi 15 juillet 1994
Sur titre
Journal de 13 heures
Titre
Le gouvernement provisoire hutu a fui en hélicoptère vers le Zaïre et les zones contrôlées par les Français
Sous titre
L'avancée du FPR est présentée par les autorités hutu comme meurtrière pour les civils.
Résumé
- Rwanda is on the brink of another major tragedy, this time caused by famine.
- At France's request, the UN Security Council demanded an immediate ceasefire this morning and called on the international community to address the needs of refugees fleeing the rebels. This is particularly the case in the country's northwest, where hundreds of thousands of people continue to head toward Zaire.
- Could this be a deliberate strategy to create the worst possible outcome? It certainly appears that the Hutu authorities are doing everything they can to drive the population onto the roads. The RPF advance is portrayed as unstoppable and deadly for civilians.
- The provisional government's rearguard covers its retreat with Kalashnikov fire, whenever ammunition remains, amidst a terrified population in exodus.
- "It's flee or die", they say. And the chaos of the rout allows the perpetrators of the massacres to hide among the crowd. Every minute, 600 men, women, and children cross the border into Zaire, where their weapons are confiscated.
- The town of Goma has turned into a massive camp where survival no longer hinges on the fighting, but on the looming threat of famine. Philippe Biberson, president of MSF, says: "We learned today that up to 900,000 more people are heading toward this region. We absolutely must attempt the impossible to reverse this flow of people; otherwise, it will become a true catastrophe".
- Attempting the impossible means finding a political solution. But the RPF refuses to negotiate with the Hutu provisional government. And the latter fled by helicopter to Zaire and the areas controlled by the French.
- The French, who refused to protect this interim government and who gradually feel a massive trap closing in on them and on the Rwandans.
Type
Transcription d'une émission de télévision
Citation
[Gérard Morin :] Au Rwanda, on est tout près d'une nouvelle grande tragédie qui serait due à la famine.
À la demande de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies a exigé ce matin un cessez-le-feu immédiat et a demandé à la communauté internationale de répondre aux besoins des réfugiés qui sont en fuite devant les rebelles. C'est notamment le cas dans le Nord-Ouest du pays où des centaines de milliers de personnes continuent de se diriger vers le Zaïre. Stéphane Manier.
[Stéphane Manier :] Et si c'était la politique du pire ? Car il semble bien que les autorités hutu fassent tout pour mettre la population sur les routes. L'avancée du FPR est présentée comme irrésistible, meurtrière pour les civils [diffusion d'images de nombreux réfugiés en train de marcher].
L'arrière-garde des troupes du gouvernement provisoire couvre sa retraite à coups de Kalachnikov, quand il lui reste des munitions, au milieu d'un peuple en exode, terrifié [sur plusieurs plans, on entend des dénotations puis on voit des soldats des FAR au milieu de réfugiés en panique].
"C'est fuir ou mourir" disent-ils. Et cela permet de planquer dans la débâcle les auteurs des massacres [on voit une automitrailleuse puis un véhicule civil chargé de soldats passer à toute vitesse devant la caméra]. Chaque minute, 600 hommes, femmes ou enfants franchit [sic] la frontière du Zaïre où les armes sont confisquées [on voit une colonne de réfugiés passer devant un militaire français au béret vert impassible].
La ville de Goma est transformée en un gigantesque camp où la survie ne dépend plus des combats mais de la famine qui menace à court terme [vue panoramique sur un immense camp de réfugiés].
["Philippe Biberson, Président de MSF" : "On a appris aujourd'hui qu'il y avait encore à peu près 500 000, ou même 900 000 j'ai entendu dire, euh, qui se dirigeaient vers, euh, vers cette région-là. Il faut absolument tenter l'impossible pour, euh, inverser ce flux de population parce que sinon, ça va d'venir une véritable catastrophe".]
Faire l'impossible, c'est trouver une solution politique. Mais le FPR ne veut pas négocier avec le gouvernement provisoire hutu. Et ce dernier a fui en hélicoptère vers le Zaïre et les zones contrôlées par les Français [on voit Jean Kambanda à bord d'un hélicoptère de couleur verte en phase de décollage].
Les Français qui ont refusé de protéger ce gouvernement provisoire et qui sentent peu à peu comme un énorme piège se refermer sur eux et sur les Rwandais [on voit des militaires français aidés par des Rwandais en train de décharger des vivres au bord du lac Kivu ; le plan suivant montre une barrière de branches de bois tenue par deux militaires des FAR].