Fiche du document numéro 36552

Num
36552
Date
Mercredi 20 juillet 1994
Amj
Hms
13:00:00
Auteur
Auteur
Fichier
Taille
16787
Pages
2
Sur titre
Journal de 13 heures [1/2]
Titre
À Gisenyi, la bataille a été visiblement beaucoup plus âpre que dans bien d'autres villes
Nom cité
Lieu cité
Lieu cité
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Mot-clé
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Résumé
- Fears of a humanitarian disaster at the Zaire border are mounting. Much of the Rwandan population has fled the country. This morning, the France 2 reporting team managed to enter the town of Gisenyi, which had been captured by the RPF. It is something of a ghost town.

- Patrols are the only thing to be seen in Gisenyi, the country's third-largest town and the last to fall to the RPF just before the ceasefire 48 hours ago [July 18].

- Gisenyi has now become a massive garrison; there are virtually no civilians left, as everyone has fled to neighboring Zaire, less than two kilometers away.

- Just the day before [July 19], a few skirmishes had left the RPF soldiers very on edge and reluctant to show visitors around. The battle here was clearly much fiercer than in many other towns, with much more dogged resistance.

- "There was definitely real fighting here", explains our only contact, Commander Bruce, one of the local officers. "Probably because government troops were protecting their families as they crossed into Zaire with all their belongings".

- Gisenyi was also a stronghold for extremist militias and the hometown of President Habyarimana.

- From the border crossing, you can see Goma. You can hear it, too, the roar of the tens of thousands of Rwandans who have taken refuge there.

- The humanitarian planes supplying the town are completely ignored by the RPF soldiers. For them, the focus is elsewhere: the formation of their government in Kigali and the arrival of a French delegation to discuss the return of refugees.

- Gisenyi was the RPF's final military objective, excluding, of course, the humanitarian zone held by the French. But the RPF has been repeating it constantly for the past two days: there is no question of attempting anything in this zone.
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Gérard Morin :] Premier titre : le Rwanda. On redoute de plus en plus la catastrophe humanitaire à la frontière du Zaïre. La population rwandaise a, en grande partie, euh, quitté son pays. L'équipe de reportage de France 2 avec Éric Monier et Vincent Maillard a pu pénétrer ce matin dans la ville de Gisenyi prise par le FPR. Une sorte de ville fantôme.

[Éric Monier :] Des patrouilles, il n'y a plus que ça dans cette ville de Gisenyi, la troisième du pays, la dernière tombée aux mains du FPR juste avant le cessez-le-feu il y a 48 heures [18 juillet] [divers plans montrent successivement des soldats du FPR dans des véhicules ou à pied ; une incrustation "Gisenyi, Rwanda" s'affiche en haut de l'écran].

Gisenyi est désormais une immense garnison : quasiment plus un civil ici, tous ont fui vers le Zaïre voisin à moins de deux kilomètres [long plan large sur un bâtiment délabré de couleur bleue et blanche].

La veille encore [19 juillet], quelques accrochages ont rendu les soldats du FPR très nerveux et très réticents à faire visiter les lieux [un véhicule de type "Daihatsu", chargé de soldats du FPR, est filmé de l'arrière ; il traverse une rue déserte]. Ici, la bataille a été visiblement beaucoup plus âpre que dans bien d'autres villes, la résistance plus acharnée [gros plan sur un véhicule calciné].

"C'est sûr qu'il y a eu de vrais combats ici" explique notre interlocuteur unique, le commandant Bruce, l'un des officiers de la place [on le voit en gros plan, coiffé d'un béret noir et un talkie-walkie à la main ; il s'exprime en anglais mais ses propos sont traduits]. "Sans doute parce que les gouvernementaux protégeaient leurs familles qui passaient au Zaïre avec tous leurs biens".

Gisenyi, c'était aussi l'un des fiefs des milices extrémistes et la ville natale du Président Habyarimana.

Du poste-frontière, on aperçoit Goma. On entend Goma aussi : la rumeur des dizaines de milliers de Rwandais qui s'y sont réfugiés [on aperçoit au loin une barrière délimitant la frontière avec le Zaïre ; il y a de nombreux réfugiés].

Les avions humanitaires qui alimentent la ville sont superbement ignorés par les soldats du FPR [un avion gros-porteur en phase de décollage passe devant un groupe de soldats du FPR]. Pour eux l'actualité est ailleurs : la formation de leur gouvernement à Kigali et l'envoi d'une délégation française pour discuter du retour des réfugiés [vue panoramique sur la ville de Goma, située juste en face de Gisenyi].

[Éric Monier, face caméra, au milieu d'une route déserte : "Gisenyi était le dernier objectif militaire du FPR, si on exclut bien sûr la zone humanitaire tenue par les Français. Mais le FPR ne cesse de l'répéter depuis deux jours : pas question de tenter quoi que ce soit dans cette zone".]
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fgtquery v.1.9, 9 février 2024