Fiche du document numéro 36546

Num
36546
Date
Mercredi 20 juillet 1994
Amj
Hms
12:00:00
Auteur
Auteur
Fichier
Taille
18409
Pages
2
Sur titre
Journal de 12 heures
Titre
Pendant le conflit, des enfants blessés ont été accueillis en France. C'est le cas d'Ostwald qui n'oublie rien des massacres mais réapprend à vivre à Marseille
Nom cité
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Lieu cité
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Lieu cité
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Mot-clé
Résumé
- While humanitarian organizations speak of a humanitarian disaster in Rwanda, the distribution of aid to refugees in two camps north of Goma began this morning. Additionally, 120 tons of food were distributed in the Kibumba camp yesterday [July 19] and the day before [July 18].

- France has decided to release an additional 8.2 million francs in aid to assist the refugees. Furthermore, 2,000 United Nations troops are expected to be deployed to Rwanda by the end of August to take over from the military forces of Operation Turquoise.

- During the conflict, wounded children were brought to France for care. One such child is Ostwald; he remembers the massacres vividly but is learning to live again in Marseille.

- Ostwald is 11 years old. Just a few months ago, he still had both his legs. But amidst the murderous frenzy of Rwandan government militias, he endured the worst. When the RPF liberated the Tutsi village of Kibungo, Ostwald had been living in the church for eight days, without food or water, surrounded by the dead and the dying.

- Ostwald does not speak of this. Evacuated to France by Médecins du Monde, he spent 17 days at La Timone Hospital in Marseille. Doctors managed to save his severely infected leg stump, a necessary step for fitting him with a prosthesis. Now, the task remains to treat his anemia and, above all, to heal the heart of this traumatized child. That is the role of his host family here in La Bédoule.

- Ostwald's parents were alive at the time of his evacuation. They encouraged him to leave and sent word of their well-being. However, since the start of Operation Turquoise, all contact has been lost. Monique Tous, president of the "Espoir pour le Rwanda" association: "Since the French army withdrew, our teams have left because they no longer had any guarantee of protection. Now, the situation should return to normal, and in principle, all NGOs should be back inside Rwanda in the coming days".

- While awaiting a return home, of which he has no doubt, Ostwald settles into the offered sanctuary with undisguised joy. To the point where, at times, he creates the illusion of having forgotten the unforgettable.
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Laurence Bobillier :] Alors que les organisations humanitaires parlent de catastrophe humanitaire au Rwanda, la distribution d'aide aux réfugiés dans deux camps au nord de Goma a commencé ce matin [diffusion d'images d'un avion gros-porteur en train d'atterrir, sur lequel figure un drapeau allemand]. Et hier [19 juillet] et avant-hier [18 juillet], 120 tonnes de nourriture ont été distribuées dans le camp de Kibumba au nord du Rwanda [sic].

La France a décidé de débloquer une aide supplémentaire de 8,2 millions de francs pour aider les réfugiés [des hommes déchargent l'avion gros-porteur précédemment montré]. Par ailleurs, 2 000 hommes des Nations unies devraient être déployés au Rwanda d'ici fin août pour relayer les militaires de l'opération Turquoise.

Pendant l'conflit, des enfants blessés ont été accueillis en France. C'est le cas d'Ostwald qui n'oublie rien des massacres mais réapprend à vivre à Marseille. Danièle Jeammet.

[Danièle Jeammet :] Ostwald a 11 ans. Il y a quelques mois encore, il avait ses deux jambes. Mais dans la folie meurtrière des milices gouvernementales rwandaises, il a vécu le pire [on voit Ostwald marcher avec des béquilles puis prendre place à la table installée sur la terrasse d'une villa]. Quand le FPR a libéré le village tutsi de Kibungo, Ostwald vivait depuis huit jours dans l'église, sans manger ni boire, au milieu des cadavres et des moribonds.

[Une voix féminine lui demande : "Qu'est-ce qu'on t'a fait à Kibungo…, dans ton village, dans l'église ?".]

De cela, Ostwald ne parle pas [gros plan sur Ostwald, qui ne répond pas]. Évacué sur la France par Médecins du monde, il a séjourné 17 jours à l'hôpital de la Timone à Marseille. Son moignon de jambe très infecté a pu être sauvé, c'était la condition de son appareillage. Reste à soigner l'anémie et surtout le cœur de cet enfant meurtri. C'est le rôle de cette famille d'accueil ici à la Bédoule [Ostwald joue au ballon avec sa famille d'accueil en s'aidant de ses béquilles].

[Colette Brun : "Nous on est là vraiment pour lui donner un coup d'main et puis on…, on…, on est là pour l'accompagner pendant un…, un p'tit moment diff…, un moment difficile de sa vie. Et puis après, il faut qu'il fasse sa vie à lui. Et puis sa vie n'est pas en France, elle est…, elle est chez lui avec sa…, ses parents".]

Les parents d'Ostwald étaient en vie au moment de l'évacuation. Ils l'ont encouragé à partir et ont donné des nouvelles. Mais depuis le début de l'opération Turquoise, tous les ponts sont rompus [gros plan sur les jambes d'Ostwald].

["Monique Tous, présidente association 'Espoir pour le Rwanda'" : "Depuis que l'armée, euh, est rentrée, c'est vrai que… nos équipes sont parties parce qu'ils [sic] n'étaient pl…, ils n'avaient plus la garantie d'être protégés. Euh, maintenant, bon, théoriquement ça devrait rentrer dans l'ordre et… en principe dans les jours qui viennent, euh…, toutes les ONG devraient reve…, vont rentrer à l'intérieur de…, du Rwanda".]

En attendant un retour chez lui dont il ne doute pas, Ostwald se glisse avec une joie non dissimulée dans le cocon offert. Au point de donner, par moments, l'illusion d'oublier l'inoubliable [on voit Ostwald sur son vélo en train de chanter : "Je descends de la montagne à vélo !"].
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fgtquery v.1.9, 9 février 2024