Date
Samedi 23 juillet 1994
Sur titre
Journal de 12 heures [1/3]
Titre
L'ancien gouvernement hutu dispose toujours avec la radio d'un formidable outil pour effrayer les réfugiés et les inciter à fuir
Sous titre
Mais c'est le choléra qui reste néanmoins aujourd'hui au Zaïre la crainte majeure de tous.
Résumé
- Rwanda this morning: one dead and ten seriously injured following the explosion of two grenades at the Zaire border. Border guards are apparently unaware that Rwandan refugees now have the right to return to their country.
- Yet cholera remains the primary concern for everyone in Zaire today.
- They are gathering what little strength they have left to move a bit further north. But for many, it is too late; cholera is spreading at an alarming rate, with 1,780 new cases recorded since last night [July 22] in the refugee camps around Goma.
- Doctors and nurses from humanitarian organizations are forced to count the dead. In the last two days alone, 68,000 bodies have been buried in the city of Goma. Can they still be saved? Action must be taken quickly, very quickly, to halt this devastating epidemic.
- Thirty-five tons of cholera-fighting equipment, shipped by Doctors Without Borders, arrived overnight. This includes equipment for pumping and filtering water to make it potable, as the disease is transmitted through water contaminated by corpses.
- The United States is expected to quickly establish an airlift and deploy several thousand troops to Zaire.
- The major challenge thereafter will be to persuade these millions of refugees to return to Rwanda. The former Hutu government still possesses a powerful tool, radio, to frighten the refugees and incite them to flee.
- The UN is preparing to launch an information campaign to encourage refugees to return home. However, this will take time, and cholera continues to ravage the refugee camps.
Type
Transcription d'une émission de télévision
Citation
[Présentatrice :] Le Rwanda ce matin : un mort et 10 blessés graves dus à l'explosion de deux grenades à la frontière du Zaïre. Les gardes-frontières ne sauraient pas que les réfugiés rwandais ont maintenant le droit de regagner leur pays.
Mais c'est le choléra qui reste néanmoins aujourd'hui au Zaïre la crainte majeure de tous. Le point de la situation avec Francine Raymond.
[Francine Raymond :] Les maigres forces qui leur restent, ils les rassemblent pour se déplacer un peu plus au nord [une incrustation "camps de réfugiés, région de Goma (Zaïre)" s'affiche en haut de l'écran]. Mais pour beaucoup il est trop tard, le choléra se propage à trop grande allure [diffusion d'images de camps de réfugiés et gros plans sur des cadavres] : 1 780 nouveaux cas recensés depuis hier soir [22 juillet] dans ces camps de réfugiés autour de Goma.
Médecins et infirmiers des associations humanitaires contraints à compter les morts [on voit une humanitaire blanche de Médecins sans frontières se déplacer au milieu des réfugiés en comptant les morts en anglais : "three…, four…, five"]. Ces deux derniers jours, 68 000 corps ont été enterrés dans la seule ville de Goma. Peut-on encore les sauver ? Il faut faire vite, très vite pour stopper cette foudroyante épidémie [on voit des humanitaires de Médecins sans frontières en train de soigner des malades du choléra].
35 tonnes de matériels destinés à lutter contre le choléra, acheminés par Médecins sans frontières, sont arrivés dans la nuit. Du matériel pour pomper, filtrer l'eau, la rendre potable. Car c'est par l'eau polluée par les cadavres que se transmet la maladie [on voit des réfugiés puiser de l'eau dans le lac ; à quelques mètres d'eux flotte un cadavre].
Les États-Unis devraient rapidement mettre en place un pont aérien et déployer au Zaïre plusieurs milliers de soldats [on voit des réfugiés boire de l'eau d'un camion-citerne].
Le gros problème ensuite sera d'inciter ces millions de réfugiés à rentrer au Rwanda [vue aérienne d'un immense camp de réfugiés]. L'ancien gouvernement hutu dispose toujours avec la radio d'un formidable outil pour effrayer les réfugiés et les inciter à fuir [on voit un homme se déplacer au milieu des réfugiés avec un haut-parleur ; il leur parle en kinyarwanda].
L'ONU se prépare à lancer une opération d'information pour encourager les réfugiés à rentrer chez eux. Mais cela demandera du temps et le choléra continue à décimer les camps de réfugiés [gros plans sur des réfugiés, dont des malades].