Citation
1994 - RWANDA, OPERATION TURQUOISE
Ci-contre :
Dans la région
de Rugabano,
les marsouins
utilisent les
caméra MIRA
de leur poste
missile MILAN
afin de repérer les
membres du FPR
s'infiltrant dans la
zone humanitaire
sûre. (Photo Yves
Debay)
Ci-contre : Les
marsouins vont
effectuer de
nombreuses
patrouilles afin de
traquer pillards
et déserteurs
afin de restaurer
l'ordre dans la
zone qui leur est
confiée. Le VLRA
reste le camion
tout terrain
parfaitement
adapté à l'Afrique.
{Photo Yves Debay)
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Critiquée mal comprise et utili-
sée pour tenter de salir l’armée
française, l'opération Turquoise est
pourtant née d’une résolution des
Nations Unies. Le 22 juin 1994,
par sa résolution 929, le Conseil
de Sécurité de l'ONU donne man-
dat à la France pour intervenir au
Rwanda afin d’arrêter les massacres
en cours et protéger les populations.
L'attentat contre le Falcon du prési-
dent HABYARIMANA le 6 avril 1994
va précipiter les événements dans un
pays connaissant des troubles eth-
niques depuis son indépendance en
1994 (sic). D'un côté, les Hutus majoritai-
res au pouvoir et dont l’armée FAR
(Force Armée Rwandaise) bénéficie
d’une assistance militaire technique
française, de l’autre, un mouvement
de libération Tutsi, le FPR issu de
la diaspora Tustsie chassée par les
massacres de l'indépendance et
bénéficiant de l’aide de l'Ouganda,
lui même soutenu par des intérêts
anglo-saxons. Entre 1990 et 1993,
le FPR lance plusieurs offensives qui
vont l’amener à partager le pouvoir
à Kigali suite aux accord d’Arusha.
Dans l'ombre, chaque camp se pré-
pare à prendre le pouvoir. L'attentat
du 6 avril va amener les miliciens
hutus Interhamwe à donner le signal
des massacres tandis que le FPR
lance une offensive qui lui donne la
moitié du pays. Face à la lenteur du
déploiement des casques bleus de la
MINUAR II, l'ONU vote la résolu-
tion 929 autorisant la France à lan-
cer l'opération Turquoise pour « de
manière impartiale, assurer la sécu-
rité et la protection des populations
menacées au Rwanda.» On trou-
vera plusieurs groupements interar-
mes dont le groupement nord com-
mandé par le colonel SARTRE, du
RICM. La 1re compagnie du 3e RI-
Ma (capitaine LECOINTRE) va être
déployée dans le village de Gisovu.
Les marsouins, bien accueillis par la
population (en partie “génocidaire”)
vont néanmoins éviter toute frater-
nisation et se mettre à la recherche
des rares Tutsis rescapés et planqués
en brousse. Une centaines d’entre
eux, dont 70% d'enfants, seront
sauvés. La France va créer une zone
humanitaire de sécurité où théori-
quement aucun belligérant ne peut
entrer armé. Le 16 juillet, suite à la
débâcle des FAR, la compagnie ren-
forcée d’un peloton d'AML-90 du
RICM monte des points de contrôle
pour traquer déserteurs et pillards.
Un bataillon complet des FAR
(400 hommes) est stoppé et con-
traint sur escorte à rejoindre le PC
du groupement à Kibuyé pour être
désarmé. Dans la nuit du 18 juillet,
trois sections font mouvement sur
Rugabano afin de stopper les infil-
trations de nuit de sections du FPR
tentant de pénétrer la zone huma-
nitaire. Les marsouins, grâce au
camera MIRA des groupes MILAN,
repèrent les intrus et règlent sur
eux des tirs éclairants de la section
mortier lourd du 11e RAMA. C'est
ensuite un déploiement humani-
taire mais qui est aussi destiné à
empêcher toute infiltration du FPR
dans la région Gisenyi/Butare, où
s'amassent dans la plus totale anar-
chie 250 000 réfugiés. Le 1er août,
les “Forbans” sont relevés par une
compagnie Ghanéenne de l'ONU.
Ils rentreront à Vannes, tête haute et
conscients d’avoir effectué une mis-
sion difficile.