Fiche du document numéro 36375

Num
36375
Date
Vendredi 15 juillet 1994
Amj
Hms
19:30:00
Auteur
Auteur
Fichier
Taille
22380
Pages
2
Sur titre
Journal de 19 heures 30
Titre
La France annonce son intention d'arrêter tout dirigeant rwandais qui tomberait aux mains des soldats français
Sous titre
Plusieurs centaines de milliers de réfugiés fuient devant la progression du FPR.
Nom cité
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ZHS
Résumé
- Abroad, the situation in Rwanda is becoming increasingly critical: on the ground, near the Zaire border, hundreds of thousands of refugees are fleeing the advance of the RPF.

- The UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees) confirms this evening that 250,000 refugees have arrived in the east of the country and that another 600,000 are expected in the coming days.

- Hot on the heels of the fighting come tens of thousands of refugees—mostly Hutus. Civilians are mixed with the stragglers of a routed army; all are fleeing the inexorable advance of the RPF.

- On Wednesday [July 13], the Tutsis of the Rwandan Patriotic Front captured Ruhengeri, the last stronghold held by troops loyal to the former regime. Since then, a human tide has been surging toward the Zaire border.

- For the moment, the end of the road—and salvation—lies in Goma, across the border in Zaire. Goma is where they have been crowding together since yesterday morning [July 14] with their meager belongings—or at least, according to eyewitness accounts, with whatever managed to escape the greed of Zairian gendarmes and other looters.

- Goma is in a state of total chaos and is completely overwhelmed. Humanitarian organizations are stretched to the limit. Samantha Bolton of Doctors Without Borders (MSF) says: "In a single day, the situation has become catastrophic. This morning, there was no one here. Now there are 250,000. Tomorrow [July 16], there will be nearly a million—an influx of 600 arrivals per minute".

- Food supplies will last only a few days. And dysentery already looms as a threat.

- Militarily, despite the UN's call for a ceasefire, the RPF is threatening Gisenyi, the seat of the last Hutu government. Gisenyi has been abandoned by ministers; they reportedly fled toward the French-controlled security zone.

- This information has not yet been confirmed by Paris. In any case, France, seeking to avoid criticism, has announced its intention to arrest any Rwandan leader who falls into the hands of French soldiers.

- France, therefore, appears to be staying the course by focusing on humanitarian aid for refugees. Meanwhile, the UN is calling for an immediate ceasefire on the ground.

- We have also learned this evening that Washington has decided to withdraw recognition of Rwanda's current government.

- And just in: France has confirmed the presence of Rwandan government members, including the President of Rwanda, within the security zone it controls and protects.

- Edouard Balladur did raise the issue of Rwanda today at the European Council meeting in Brussels; however, the Twelve were primarily concerned with finding a successor to Jacques Delors.
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Gilles Leclerc :] À l'étranger, situation de plus en plus critique au Rwanda : sur le terrain, à la frontière du Zaïre, plusieurs centaines de milliers de réfugiés fuient devant la progression du FPR.

Le HCR -- le Haut-Commissariat des… Nations unies pour, euh, les réfugiés -- confirme ce soir que 250 000 réfugiés sont arrivés dans l'Est du pays et que 600 000 d'entre eux sont attendus dans les tout prochains jours. Philippe Peaster.

[Philippe Peaster :] Talonnés par les combats, des dizaines de milliers de réfugiés -- des Hutu pour la plupart [on entend plusieurs détonations puis on voit des réfugiés en train de courir sur une route asphaltée ; une incrustation "Ouest du Rwanda, hier [14 juillet]" s'affiche en haut de l'écran]. Civils mêlés aux soldats perdus d'une armée en débâcle. Tous, ils fuient l'avancée inexorable du FPR.

Mercredi [13 juillet], les Tutsi du Front patriotique rwandais prenaient Ruhengeri, le dernier bastion tenu par les troupes de l'ancien pouvoir [une automitrailleuse des FAR passe à vive allure devant la caméra]. Depuis, cette marée humaine déferle vers la frontière zaïroise [gros plans sur des réfugiés].

Provisoirement, le bout d'la route, le salut c'est Goma, de l'autre côté au Zaïre [affichage d'une carte du Rwanda indiquant notamment les villes de Kigali, Gisenyi et Ruhengeri ; la ville de Goma apparaît en clignotant]. Goma, où ils s'entassent depuis hier matin [14 juillet] avec leurs maigres bagages [gros plan sur des réfugiés massés devant le "Stade de l'Unité" ; une incrustation "Goma (Zaïre), hier [14 juillet]" s'affiche en haut de l'écran]. Et en tout cas, selon les témoignages, avec ce qui a échappé à la rapacité des gendarmes zaïrois et autres pillards [vue panoramique sur un camp de réfugiés].

Goma, en plein chaos, submergée. Les organisations humanitaires sont débordées [gros plans sur des enfants puis sur des réfugiés démunis].

[Samantha Bolton, "Médecins Sans Frontières" [elle s'exprime en anglais mais ses propos sont traduits] : "En un seul jour la situation est devenue catastrophique. Ce matin il n'y avait personne ici. Maintenant ils sont 250 000. Demain [16 juillet] ils seront près d'un million, un rythme de 600 arrivées à la minute".]

Les stocks de nourriture ne permettront de tenir que quelques jours. Et déjà la dysenterie menace.

Sur le plan militaire, malgré l'appel au cessez-le-feu de l'ONU, le FPR menace Gisenyi, siège du dernier gouvernement hutu [la même carte du Rwanda est affichée ; cette fois, la ville de Gisenyi clignote]. Gisenyi déserté par les ministres : ils se seraient enfuis vers la zone de sécurité française [on voit Jean Kambanda assis dans un hélicoptère vert au décollage].

Une information non confirmée par Paris pour l'instant. La France en tout cas, qui pour éviter toute critique, annonce son intention d'arrêter tout dirigeant rwandais qui tomberait aux mains des soldats français [on voit des réfugiés marcher le long d'une route sous le regard d'un soldat français au béret vert].

[Gilles Leclerc :] La France, donc, semble maintenir le cap en se concentrant sur l'aide humanitaire apportée aux réfugiés. Et l'ONU demande aujourd'hui un cessez-le-feu immédiat sur le terrain.

Et on apprend ce soir que Washington a décidé de ne pas…, de ne plus reconnaître l'actuel gouvernement du Rwandais [sic].

Et on l'apprend à l'instant : la France confirme -- en tout cas ce soir -- la présence de membres du gouvernement rwandais dans la zone de sécurité qu'elle… contrôle et qu'elle protège, y compris, on vient d'l'apprendre il y a quelques secondes, le Président du Rwanda.

Edouard Balladur a d'ailleurs évoqué aujourd'hui au Conseil européen de Bruxelles la question du Rwanda. Mais les 12 se sont surtout préoccupés de trouver un successeur à Jacques Delors […].
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fgtquery v.1.9, 9 février 2024