Fiche du document numéro 36307

Num
36307
Date
Dimanche 17 juillet 1994
Amj
Hms
19:00:00
Auteur
Auteur
Fichier
Taille
15313
Pages
2
Sur titre
Journal de 19 heures
Titre
Le FPR menace d'envahir la zone de protection mise en place par la France si l'armée ne livre pas les auteurs des massacres
Lieu cité
Mot-clé
Mot-clé
Mot-clé
Résumé
- In Rwanda, another French soldier was wounded by a stray bullet.

- Meanwhile, Goma airport in eastern Zaire was hit by several mortar attacks. Ten refugees were killed.

- As a result, the airlift that delivers food aid has been suspended, while the number of Rwandan refugees is expected to reach one million soon.

- This particular mortar attack missed them. They will be able to continue their journey, fleeing again towards the Zairian border. They will take small steps to make their way through the soldiers, clutching their father's rags so as not to lose him in this human tide. That would be the ultimate despair: solitude in this wasteland that one hardly dares call an orphanage.

- They believe in a stroke of luck; they have found water. Muddy and stagnant, but water nonetheless. It will allow them to boil a few grains of corn while they wait for the humanitarian airlift planes. The first two landed today at the Zairian airport in Goma.

- Their mission: to provide food to the refugees, whose numbers are expected to increase. The Rwandan Patriotic Front has just entered the city of Gisenyi.

- They are threatening to invade the protection zone established by France this evening if the army does not hand over the perpetrators of massacres who have allegedly taken refuge there.

- Tutsi soldiers are already disarming Hutus en masse. But this is not enough for them in a country where people are dying of hunger but where there is clearly no shortage of weapons.
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Catherine Matausch :] Au Rwanda, un nouveau soldat français a été blessé par une balle perdue.

Par ailleurs l'aéroport, euh, de Goma dans l'Est du Zaïre a essuyé plusieurs tirs de mortiers. Euh…, 10 réfugiés, euh, y ont trouvé la mort.

Du coup, le pont aérien qui permet l'acheminement de l'aide alimentaire a été suspendu alors que l'on dénombrera bientôt un million de réfugiés rwandais. Marie-Pierre Courtellemont.

[Marie-Pierre Courtellemont :] Ce tir de mortier-là ne les aura pas atteints [on entend un tir de mortier puis on voit des réfugiés marchant sur une route s'accroupir ; une incrustation "Frontière Rwanda-Zaïre" s'affiche en haut de l'écran]. Ils pourront poursuivre leur route, fuir encore vers la frontière zaïroise [on voit sur une foule de réfugiés en train de marcher]. À petits pas se frayer un chemin entre les militaires sans lâcher les guenilles de son père pour ne pas le perdre dans cette marée humaine [gros plan sur un enfant qui marche en tenant la veste de son père]. Ce serait alors le comble du désarroi : la solitude dans ce terrain vague que l'on ose à peine appeler un orphelinat [on voit un enfant assis par terre au milieu de réfugiés puis un autre enfant avachi sur un pneu].

Eux croient à une chance, ils ont trouvé de l'eau [on voit des réfugiés en train de remplir des récipients dans une étendue d'eau boueuse]. Boueuse et stagnante, mais de l'eau. Elle permettra de faire bouillir quelques grains de maïs, d'attendre les avions du pont aérien humanitaire. Les deux premiers se sont posés aujourd'hui sur l'aéroport zaïrois de Goma [gros plans sur des réfugiés].

Leur mission : fournir de la nourriture aux réfugiés que l'on attend de plus en plus nombreux. Le Front patriotique rwandais vient en effet d'entrer dans la ville de Gisenyi [on voit des soldats des FAR assis sur une auto-mitrailleuse].

Il menace ce soir d'envahir la zone de protection mise en place par la France si l'armée ne livre pas les auteurs de massacres qui y auraient trouvé refuge [on voit des soldats français monter à bord d'un camion militaire].

Les militaires tutsi désarment déjà en masse les Hutu. Mais cela ne leur suffit pas dans un pays où l'on meurt de faim mais où l'on ne manque visiblement pas d'armes [gros plan sur un amas de fusils et d'armes légères].
Haut

fgtquery v.1.9, 9 février 2024