Yolande Mukagasana, une rescapée de génocide contre les Tutsi de 1994, vient d’offrir un livre aux jeunes sur l’histoire sombre du Rwanda.
”Je me suis rendue compte que les enfants ne connaissent pas notre histoire. Les ouvrages existant ont été écrits par les Européens. J’ai décidé de leur offrir un héritage de mon vivant,” a-t-elle justifié son initiative.
Des négationnistes comme Filipe Reyjens publient des livres dont le contenu est contraire à la vérité. Certains adultes, trempés dans le génocide contre les Tutsi, cachent les faits à leurs enfants. Ils leur disent que le génocide n’a jamais eu lieu. Et leurs progénitures ne font que répéter cette histoire falsifiée du Rwanda.
Il faut souligner cependant que le contenu d’”Umurage w’urubyiruko” peut aider également les adultes comme cette écrivaine, également rescapée de génocide contre les Tutsi de 1994.
”J’ai beaucoup appris dans ce livre. Quand le génocide a eu lieu j’étais encore très jeune. C’est aussi un livre pour les adultes. C’est un livre pouvant servir dans les écoles mais également pour les adultes,” a déclaré Judence Kayitesi.
L’office rwandais pour l’éducation (REB) le confirme également.
”Ce n’est pas un héritage des jeunes seulement, c’est plutôt l’héritage de tous les Rwandais. L’auteure a pu montrer notamment les différentes étapes de préparation d’un génocide. C’est une contribution importante,” a confirmé une représentante de REB.
Il faut dire la vérité aux jeunes
Comme Antoine Mugesera, l’on peut s’interroger sur la méthodologie à adopter pour parler de génocide contre les Tutsi en s’adressant aux enfants. Yolande Mukagasana reconnait qu’il faut éviter de les blesser et de les traumatiser. Cependant cette amie des jeunes souligne qu’ils ont droit à la vérité.
Le ministre de l’Unité nationale et de l’engagement civique, Dr. Jean Damascène Bizimana répond à cette question sans ambages.
”La plupart évitent cette question. Il faut dire la vérité aux gens. Le génocide contre les Tutsi a été exécuté par les Hutu ayant accepté l’idéologie de génocide,” a-t-il dit.
”L’idéologie hutu, comme ils le disaient à l’époque, prônait la haine contre le Tutsi. Il fallait le haïr et le tuer. Cette idéologie était soutenue par l’Etat. Elle avait commencé pendant la période coloniale,” a-t-il précisé.
Le ministre Bizimana a cité les cas de jeunes Rwandais vivant en Europe et au Canada qui ont été ”empoisonnés” par leurs parents génocidaires. Ils passent leur temps sur les médias sociaux à propager la haine et les idées négationnistes. Une raison pour dire la vérité aux jeunes car si l’on ne le fait pas, les génocidaires continueront à leur inculquer des mensonges.
Yolande Mukagasana, dans sa publication ”Umurage w’urubyiruko, igice cya mbere” a l’ambition de montrer la vérité aux Rwandais, particulièrement aux jeunes, à travers une série de livres sur ce qu’elle appelle l’héritage des jeunes. Le premier volume se trouve déjà sur le marché.