«
Nous ne vous oublions pas, et ne vous oublierons jamais. » C’est avec ces mots que le maire de Piennes, Matthieu Calvo, a officialisé l’inscription d’Alain et Gilda Didot sur le monument aux Morts de la commune, avec la mention honorifique « Morts pour la France ».
La cérémonie du 8-Mai a, cette année, pris une dimension particulièrement forte, placée sous le signe de la mémoire et de la jeunesse. «
Une génération qui doit faire vivre notre démocratie, et qui cherche du sens, de la justice et de la cohérence », a rappelé le maire. En ouverture, les deux gagnantes du concours d’éloquence de Piennes ont livré des discours engagés autour de la paix. «
La paix est le plus grand trésor, c’est à nous de le protéger. »
« Le matin, Alain a appelé pour dire au revoir »
Cet hommage rendu à Alain et Gilda Didot, originaires de Piennes, s’inscrit pleinement dans cette volonté de transmission. Alain Didot était gendarme avant de devenir sous-officier de l’armée française, spécialisé dans les transmissions radio. Son épouse, Gilda, l’a accompagné dans chacun de ses déplacements.
En 1992, Alain Didot est affecté à Kigali, au Rwanda, dans le cadre de la mission de coopération militaire française, alors que la situation dans la région est déjà instable. Le 8 avril 1994, le couple est assassiné. «
Le matin, Alain a appelé mes parents pour leur dire au revoir, se souvient le frère de Gilda, présent lors de la cérémonie
. L’après-midi, j’entendais à la radio qu’un couple de gendarmes avait été tué au Rwanda. »
Génocide des Tutsis
Leur disparition s’inscrit dans le contexte tragique des prémices du génocide des Tutsis au Rwanda, déclenché à la suite de l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Trente ans après les faits, dont les circonstances restent encore floues, la commune a souhaité leur rendre un hommage officiel et durable. «
Nous les faisons entrer dans la mémoire de notre commune, a déclaré Matthieu Calvo
. La Nation et notre commune n’oublient pas celles et ceux qui ont servi ou accompagné pour la France. »