Fiche du document numéro 36121

Num
36121
Date
Mercredi 29 mars 2000
Amj
Auteur
Fichier
Taille
170977
Pages
3
Titre
Procès-verbal d'audition de Monsieur Cyprien Kayumba
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Mot-clé
Cote
n° 144/35 ; D303-D307
Source
Type
Audition judiciaire
Langue
FR
Citation
REPUBLIQUE
FRANCAISE

PROCES VERBAL

MINISTERE DE L'INTERIEUR
DIRECTION GENERALE
DE LA POLICE NATIONALE

L'an deux mille
Le vingt neuf mars
A quinze heures

DIRECTION CENTRALE
DE LA POLICE JUDICIAIRE

NOUS, Pierre PAYEBIEN commandant de Police
à la division nationale anti-terroriste de la
Direction Centrale de la Police Judiciaire

DIVISION NATIONALE
ANTI-TERRORISTE

n° 144/35

AFFAIRE:
C/ ... X

Assassinat en relation avec
une entreprise terroriste

OBJET
Déposition de monsieur Cyprien

KAYUMBA.

Officier de Police Judiciaire en résidence à PARIS, ---------------------------- ----- Agissant en vertu et pour l'exécution de la commisison rogatoire délivrée
le 29 septembre 1999 par madame Laurence LE VERT, Premier juge
d'instruction au Tribunal de Grande Instance de PARIS substituant
monsieur Jean-Louis BRUGUIERE, Premier vice-président chargé de
l'instruction, empêché, relative à l'instruction n° 1341 suivie contre X... du
chef d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste,------_______—____
---- Nous trouvant au commissariat de sécurité publique à LAON (Aisne),------ Avis préalablement donné à monsieur le Procureur de la République à
LAON territorialement compétent et à monsieur le magistrat mandant,----------- Avons mandé et constatons que se présente monsieur Cyprien
KAYUMBA, qui serment prêté dans les formes de droit dépose comme
suit:--------------------------------------------------------------------------------------------- "Je me nomme Cyprien KAYUMBA, Je suis né en 1955 à RUSASA
commune de KIBALI au Rwanda. Je suis de nationalité rwandaise.Je
réside actuellement avec ma famille au foyer "le bois du charron" à LAON
(Aisne). Je suis titulaire d'une autorisation provisoire de séjour délivrée le 1ef
mars 2000 par la préfecture de L'Aisne sous le numéro 0203004371. Je
n'exerce actuellement aucune profession. r--____________________—__________-___
---- Je suis arrivé en France en avril 1994 pour des raisons professionnelles.
J'étais à cette époque et ce depuis 1988, chargé des services financiers au
ministère de la Défense rwandaise. J'avais le grade de lieutenant colonel.
J'étais arrivé à PARIS je crois le 24 avril 1994, pour procéder à l'achat de
matériel militaire suite à un contrat qui avait été passé avec monsieur
LEMONNIER en 1993. A cause des évènements qui se déroulaient au
Rwanda, il nous fallait de l'armement, armes légères, munitions et obus de
mortier principalement.------------------------------------------------------------------------ J'avais de par mes fonctions des contacts avec la mission de
coopération militaire française en poste au Rwanda.-----------________—__--___-__
--- La gestion des stocks d'armement et de munitions dépendaient
uniquement de l'armée rwandaise.__________________—_____________--___________________
---- S.I.: Non, étant dans le service depuis 1988, je peux vous affirmer que
jamais l'armée rwandaise n'a eu de missiles sol air dans son armement.-------- N'ayant pas l'usage des missilles sol air, aucun militaire rwandais n'a été
formé à son utilisation.----------------------------------------------------------------------- Les forces armées rwandaises avaient pour principaux armements
individuels des armes chinoises, type AK 47 des armes sud africaines type
R4, bekges FALI et comme armement d'appui des mitrailleuses anti
aériennes et terrestres ainsi que des mortiers et des acnons sans recul.
---- D'après ce que je sais pour répondre à votre question, nous savions
que le FPR possédaient des missiles, car à deux reprises, deux
---

---

-----

hélicoptèrQg et vn 2vitft nve ç'

en 1991

J

4

/

--- Le 6 avril 1994, j'étais à KIGALI de permanence pour le ministère de la
défense et j'ai été appelé vers 20 heures 45 par un militaire de service au
centre de transmissions, qui m'a joint au téléphone pour me dire que l'avion
du Président avait disparu avant d'atterir.-------------------------------------------- S.I.: Non, mon interlocuteur ne m'a pas parlé d'attentat et en ce qui me
concerne, je n'ai pas entendu le bruit de l'explosion.---_------------------________
---- Je me suis déplacé pour aller au ministère et j'ai eu contact avec le
colonel Félicien MUBERUKA, qui doit être au Cameroun. Il m'a confirmé
que l'avion avait explosé et qu'il ne savait pas où il s'était écrasé. Des
patrouilles de reconnaissance avaient été envoyées pour localiser la chute
de l'avion. A ce moment là personne ne savait que l'avion était tombé dans
la propriété personnelle du Président. Nous ne l'avons sû qu'une heure
plustard.------------------------------------------------------------------------------------------- Après l'attentat dans les heures qui ont suivi s'est tenue une réunion à
l'Etat-major de l'armée, y assitaient, le général Roméo DALLAIRE, le
colonel MARCHAL, le colonel BAGOSORA, le généra I de Gendarmerie
Augustin NDINDILIYIMANA, le colonel RUSATIRA, moi même et d'autres
dont je n'ai pas le souvenir actuellement. Il s'agissait de faire face aux morts
du Chef de l'Etat et du Chef d'Etat-major qui l'accompagnait.---------------------- S.l.: Non, personne au sein de l'armée rwandaise n'était préparé à la
mort du Président et de son chef d'Etat-major. De tous les participants
présents à la réunion de crise, aucun n'était préparé à cette éventualité, ce
qui me fait écarter l'hypothèse d'un coup d'état préparé par notre armée.----- Dans les jours qui ont suivi, devant le refus du FPR de collaborer, les
combats et la reprise de la guerre m'ont conduit à venir en France pour les
achats de munitions et armement car nous n'étions pas du tout prêt à faire
la guerre. Nous étions en position de faiblesse par manque
d'approvisionnement.I.-------------------------------------------------------------------------- S.I.: Comme j'avais quitté le Rwanda dans la deuxième semaine des
combats d'avril 1994, je n'ai pas eu l'occasion de voir moi-même les deux
lanceurs de missiles qui avaient retrouvés par la population. Je l'ai sû
longtemps après les évènements en lisant le livre du professeur belge
RE Y N T J E N S.----- ------------------------------------------------------------------------------ Donc durant mon séjour à PARIS en avril et mai 1994, me trouvant à
l'ambassade du Rwanda en compagnie du colonel Sébastien NTAHOBARI
décédé depuis peu en France, j' ai eu l'occasion de rencontrer le colonel
Ephrem RWABALINDA en la présence de l'attaché militaire Sébastien
NTAHOBARI. Ils avaient parlé en tête à tête de la mission de celui-ci et à
un certain moment ils ont dit qu'il fallait aller voir le général HUCHON.
J'ignorais la raison de la mission du colonel Ephrem RWABALINDA. Je les
ai accompagné une seule fois au bureau du général HUCHON, à la
Coopération c'était peut-être au début mai 1994. Le colonel RWABALINDA
lui avait exposé la situation militaire sur le terrain, les difficultés rencontrées
de l'approvisionnement et des massacres.---------------------------------------------- S.I.: Non, I' attentat commis contre l'avion du Président n'a pas été
abordé en ma présence par le colonel et le général HUCHON. En ce qui me
concerne c'est la seule entrevue à laquelle j'ai assisté Peut-être y en a-t-il
eu d'autres mais je l'ignore. Cependant, je crois que le colonel a rencontré
le général HUCHON à d'autres reprises, mais une seule fois en ma
présence. En ce qui me concerne, le colonel RWABALINDA, ne m'a pas
fait part qu'il avait remis au général HUCHON des documents ayant trait à
l'attentat. S.I.: Non, je n'ai pas été amemé à parler de l'attentat contre l'avion
avec le colonel RWABALINDA. J'ai discuté avec lui des problèmes liés à
ma mission d'approvisionnement essentiellement.-------------------------S.l.: J'ignore également si le colonel Sébastien NTAHOBARI a remis des
documents au général HUCHON.--------------------------------------- ---------------

--- Le colonel Ephrem RWABALINDA a quitté PARIS avant moi, pour
rentrer à KIGALI. J'ignore quand il est mort, mais il m'a été rapporté qu'il
était décédé dans une embuscade.-------------------------------------------------------- Pour ma part, j'ai quitté PARIS, Le 20 mai 1994 et je n'ai jamais pû
retourner au Rwanda.-------------------------------------------------------------------------- Je ne vois rien d'autre à dire.
--- Après lecture faite par lui même, monsieur Cyprien KAYUMBA, persiste
et signe le présent avec nous à dix sept heures.-----------------------------------M. KAYUMBA le comma dant de Police

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