Attention : ce document exprime l'idéologie des auteurs du génocide contre les Tutsi ou se montre tolérant à son égard.
Sous titre
Avec Jean Glavany, président de l’institut François-Mitterrand, auteur de « François Mitterrand, conversations intimes » aux éditions Perrin (paru le 8 janvier) et Jean Garrigues, historien, président de la commission internationale d'histoire des assemblées.
Citation
[12:35]
Sonia Devillers : Et j'ai une dernière question, un point à soulever : quand vous dites "Il n'était pas aveugle à l'histoire ni à la marche du monde", c'est la question du Rwanda. Qui aujourd'hui a ré..., a été réouverte, Jean Garrigue, par les historiens.
Jean Garrigue : Tout à fait.
Sonia Devillers : Notamment, le rôle de la France dans la guerre au Rwanda et dans le gé..., génocide au Rwanda.
Jean Garrigue : Oui, qu'on..., qu'on peut..., selon les historiens spécialistes, que..., que j'connais bien, euh, effectivement, le..., le rôle de la France est..., a quand même été assez ambigu dans cette affaire. C'est-à-dire qu'on a plus ou moins laissé faire, euh, ce..., ce..., ce génocide, et, euh, je pense que là, euh.... Mais ça c'est le travail des historiens...
Sonia Devillers : Oui.
Jean Garrigue : De..., de..., de démêler un peu le vrai du faux, les..., les responsabilités. Je sais qu'les..., les responsables socialistes, eux, ont toujours dit nier justement cette..., ce..., cette forme de responsabilité --qu'j'appellerais pas une culpabilité. Mais enfin, ça reste une tache quand même sur ce..., sur ce [inaudible].
Sonia Devillers : Jean Glavany, pour vous ça reste une tache ?
Jean Glavany : Sûrement pas ! Sûrement pas.
Sonia Devillers : Sûrement pas ?
Jean Glavany : Ce..., c'est..., c'est un sujet suffisamment douloureux pour que je ne sois pas donneur de leçon et sûr de moi. Je pense que y'a une analyse critique à faire de la... politique de la France pendant cette pé... -- et avant, et avant ! Si la France est intervenue militairement au Rwanda, c'est sur la base d'un accord militaire signé pas par Mitterrand, par Giscard !
Jean Garrigue : Giscard.
Jean Glavany : Est-ce qu'il fallait signer cet accord, est-ce qu'il fallait l'appliquer ? Bref, avoir une analyse critique. Mais en même temps la France a été la seule à intervenir. Et si elle l'a fait si tard pour mettre fin au génocide, si elle l'a fait si tard, c'est parce que les États-Unis ont bloqué la déli... bération de l'ONU. Acceptons toutes les critiques, prenons les choses. Mais..., mais mettons la part des choses. Cette..., cette espèce de talent que nous avons tous en France à toujours na..., nous couvrir nos têtes de cendre. Savez vous que, pour ces ouvrages écrits en France, ce..., très critiques à l'égard de Mitterrand et du Rwanda, y'en a pas un dans le monde, pas un ouvrage d'historien dans le monde qui critique la position de la France ! Pas un ! Ni aux États-Unis, ni en Angleterre, ni en Allemagne, ni en Belgique, pourtant directement concernée.
Sonia Devillers : Gageons que c'est notre devoir d'inventaire.
Jean Glavany : Et... notre devoir d'inventaire de faire les choses et d'les faire honnêtement.
Sonia Devillers : Jean Glavany, je vous remercie [sourire].