Fiche du document numéro 22703

Num
22703
Date
Décembre 2009
Amj
Fichier
Taille
585239
Pages
5
Titre
Billets d'Afrique No. 186 [Supplément "Les 25 ans de Survie"]
Source
Type
Publication périodique
Langue
FR
Citation
Billets d’Afrique…
…et d’ailleurs

I n f o r m a t i o n s e t av i s d e r e ch e rch e s u r l e s ava t a r s d e s r e l a t i o n s f ra n c o - a f r i c a i n e s

Graphisme, Sébastien Marchal

Supplément au numéro de décembre 2009

1984-2009

Survie
“fête”

25 ans de devoir
d’indignation(s)
Lettre mensuelle éditée par Survie // N° 186 Décembre 2009 - Supplément

w w w. s u r v i e . o r g

Les vingt-cinq ans de Survie

Les vingt-cinq ans de Survie

Des valises pleines
de Billets
Si le concept de Françafrique
est aujourd’hui très largement
évoqué, c’est en grande partie
grâce à l’action continue
de citoyens rassemblés
au sein d’une association,
Survie, dont l’histoire
interne est étroitement
liée à la découverte du
néocolonialisme français
en Afrique. Alors que la
diplomatie française, à
l’occasion du cinquantenaire
des indépendances, s’apprête
à célébrer pendant plusieurs
mois l’année 2010 comme
“année de l’Afrique”, Survie
franchit en cette fin d’année
2009, le cap des 25 ans
d’existence.

S

urvie est souvent perçue comme
une association pointue dans ses
analyses, radicale dans ses prises de position qu’elle exprime sans
compromissions et sans complaisance,
«agressive et caricaturale» diront certains à la marge.
Pour certains Survie est avant tout une
association de spécialistes, l’oeuvre colossale de François-Xavier Verschave
en étant la plus visible des vitrines.
Pour d’autres, Survie est avant tout une
association de militants, une connotation péjorative dans la bouche de certains, journalistes, chercheurs et autres
«spécialistes», parfois autoproclamés
de l’Afrique, qui ont pourtant souvent
eu recours aux écrits de Survie. Entre ces deux lectures, on peut affirmer
que Survie est une association de militants devenus, pour la plupart d’entre
eux, de bons connaisseurs des rouages
de la Françafrique et pour un nombre
croissant d’entre eux des spécialistes,
en toute modestie. Grâce à leur travail
d’enquête, de synthèse et de rédaction,

Survie est, depuis ses débuts, une association à l’activité éditoriale particulièrement riche, sans équivalent
dans le milieu français de la solidarité
internationale.

Chaque mois, «un petit miracle»
A côté des grands classiques que sont
devenus les ouvrages de référence de
François-Xavier Verschave, les 23 Dossiers Noirs, les ouvrages sur le Rwanda,
les biens publics, les brochures de sensibilisation, les 186 numéros de Billets
d’Afrique ont constitué l’activité éditoriale la plus prolifique et la plus stable de
l’association. La publication chaque mois
depuis seize ans de Billets d’Afrique, journal militant sans aucun moyen technique
et financier constitue un des principaux
leviers d’action et un de ces «petits miracles» de l’association.
François-Xavier Verschave a fondé Billets
d’Afrique en 1993, en supplément puis
en substitution du bulletin Le Point sur
la loi, comme pour marquer la transition
entre les dix premières années de l’association, consacrées à l’adoption d’une loi
destinée à lutter contre l’extrême misère
dans le monde qui ne sera jamais votée, et
la découverte des horreurs de la Françafrique, à commencer par le génocide alors
en préparation au Rwanda. Billets d’Afrique a été pendant dix ans un bulletin quasi
exclusivement rédigé et mis en page par
François-Xavier Verschave.
Cette parution était chaque mois le fruit
d’un travail colossal de revue de presse,
de compte-rendus d’entretiens, de recoupements et en dernier lieu d’écriture
(souvent les trois jours précédents le bouclage, à raison d’une quinzaine d’heure
de travail par jour). Diffusés aux abonnés
payants mais aussi à de nombreux destinataires ciblés (cabinets ministériels,
députés, militants africains, etc.) Rendus
accessibles au public dans leur intégralité
dès le développement de l’outil internet,
les archives de Billets servent encore de
références documentaires à nombre de
journalistes, chercheurs et étudiants. Que
saurions-nous aujourd’hui de la carrière
françafricaine de Jacques Toubon au
sein du Club 89, quelle analyse aurions-

II nnn Billets d’Afrique et d’ailleurs - Les vingt-cinq ans de Survie nn Décembre 2009 n No 186

nous de l’évolution de la Françafrique
pendant la cohabitation Jospin/Chirac,
comment pourrions nous retrouver les
traces de tel parrain corse, de tel marchand d’arme, mercenaire, de tel opposant réprimé sans la base de données
(refondée en 2007 par des militants passionnés) de Billets d’Afrique ?

L’évolution de Billets
Bien avant sa maladie, François-Xavier
Verschave avait compris qu’il fallait
ouvrir Billets à davantage de contributeurs
et créer un comité de rédaction. En 2004
il confia la responsabilité de coordinateurs
de la publication à deux militants, tout en
conservant une forte activité éditoriale.
Pierre Caminade, militant lyonnais, auteur
de deux Dossiers Noirs, conserva pendant
trois ans la lourde fonction de rédacteur
en chef, notamment dans la période qui
suivit le décès de François-Xavier Verschave en juin 2005.
Billets d’Afrique avait déjà commencé
une longue mutation, dont la concrétisation la plus visible fut l’adoption d’une
nouvelle maquette en 2007 et le passage
en imprimerie professionnelle, sous l’impulsion du nouveau rédacteur en chef,
Raphaël De Benito et d’une secrétaire de
rédaction, Janine Sfiligoï.
Tout en conservant ses plumes les
plus fidèles, celles d’Odile Tobner,
Sharon Courtoux, Pierre Caminade ou
Victor Sègre, Billets d’Afrique ouvre
aujourd’hui ses colonnes à des contributeurs qui atteste d’un renouvellement
générationnel et de ses relations avec
les mouvements africains.
En effet, aux côtés du comité de rédaction régulier, de plus en plus nombreux
sont les représentants d’organisations
amies, françaises ou africaines, des
journalistes africains, des «plumes»
comme les écrivains Patrice Nganang
et Jean-Luc Raharimanana, à participer
au journal. Format récent dans Billets,
les interviews permettent de recueillir
des témoignages et des informations de
première main auprès de militants persécutés du Congo-Brazza, du Gabon, du
Tchad, du Togo ou du Niger.
Fabrice Tarrit, Raphaël De Benito

Beti, Verschave, ces hommes qui
montrent le chemin
Odile Tobner évoque sa
rencontre, en compagnie de
Mongo Beti, avec FrançoisXavier Verschave, qui relève
selon elle du hasard objectif,
le point de départ de dix ans
de luttes avec Survie.

J

’ai plusieurs souvenirs des premières mentions du nom de Verschave
que j’ai eues. L’une c’était dans le
bureau de Hachette-export à Vanves, où
nous venions nous approvisionner pour
la librairie à Yaoundé. L’éditeur du livre,
Stock, appartient en effet au groupe Hachette. Je me rappelle que le chargé des
ventes Afrique disait «frankafrique».
L’autre – était-ce avant ou après je ne
peux le dire – c’était à Yaoundé, très
probablement l’été 1998 parce que j’étais
encore en activité comme professeur et je
n’allais à Yaoundé que l’été. Un journal
camerounais, La Nouvelle Expression, je
pense, avait publié un article sur le livre,
dont un chapitre était consacré aux massacres des maquis Bamiléké dans les années
soixante. Le journal présentait comme une
révélation le témoignage qui y était rapporté de Charles Van de Lanoitte, un Français qui vivait dans l’Ouest du Cameroun
pendant cette guerre. Le sang de Mongo
Beti, qui était particulièrement vif, ne fit
qu’un tour. Il tapa une lettre pour François-Xavier Verschave, lui reprochant de
ne pas citer l’ouvrage qui comportait ce
témoignage, c’est-à-dire Main basse sur
le Cameroun, paru en 1972. La réponse,
très rapide, lui expliquait que la source de
l’auteur était un autre livre – il me semble
que c’était un livre de Pierre Péan –, qui
lui-même ne citait pas sa source. FrançoisXavier invitait Mongo Beti à venir le voir
quand il passerait par Paris. C’est ainsi
que nous fîmes connaissance avec Survie,
avenue du Maine, et le chemin nous en
devint familier. Nous y retrouvions en effet nos préoccupations et un relais amical
pour des informations qui auparavant ne
recevaient aucun écho.

Noir procès

Quand en 2000, après la parution de Noir
silence, il y eut le procès intenté à l’auteur
par trois présidents africains, François-

Alexandre Biyidi Awala, Mongo Beti et François-Xavier Verschave
Xavier demanda à Mongo Beti de témoigner. Le procès eut lieu les février, 6 et
7 mars 2001. Il fut précédé d’une manifestation, sous une pluie glaciale. Les
photos de cette manifestation montrent
François-Xavier, Mongo Beti et Sharon
ensemble. Mongo Beti témoigna sur le
point qu’on pouvait dire que Bongo était
bien un «parrain», au sens maffieux du
terme, en Afrique centrale. Le jugement, en avril suivant, donna raison à
François-Xavier Verschave. Je crois cependant que l’épreuve de ce procès lui
fut très pénible. Il y avait quelque chose
de scandaleux à voir ce parfait honnête
homme au banc des accusés, poursuivi
par un voleur, un assassin et un tortionnaire. François-Xavier Verschave, loin
de toute réserve timorée, avait pris les
risques de la liberté d’expression.
Hélas, quelques mois après, le 7 octobre
2001, Mongo Beti décédait à Douala,
fauché en plein combat pour faire advenir la liberté au Cameroun et en Afrique. Survie était le lieu où son combat
continuait. J’entrai plus activement dans
l’association.
Le travail de bénédictin, le courage et
l’obstination de François-Xavier ont
réussi à faire émerger les scandales africains de la politique de la France dans
l’opinion publique. Cet exploit, ainsi
que la passion qui était la sienne, qu’il a

insufflée à l’association, suffisent à lui
donner une place exceptionnelle dans
l’histoire de l’information en France.
Il a brisé le plus puissant des tabous,
celui qui, à chaque moment de l’histoire, interdit de parler de l’essentiel
d’une situation. L’Afrique coloniale
est au cœur des enjeux de la politique
française, qui n’a pas encore réussi à
sortir de la relation d’assujettissement.
La rencontre de cette situation et d’un
homme animé de sa seule foi, que rien
apparemment ne prédestinait à cette
rencontre mais qui tomba sur ce scandale et ne connut plus dès lors de repos,
relève du hasard objectif, qui accomplit
des merveilles.

Ceux qui tracent le chemin
Comme tout ce qui est rare, c’est aussi ce qui est le plus fugitif. La foudre
aime les lieux élevés. Le destin frappa
François-Xavier en 2005 alors qu’il allait entrer dans sa soixantième année. Il
avait tant, trop, tout donné de lui-même.
Mais, comme Mongo Beti, il était de
ceux qui tracent profondément le chemin dans la bonne direction, vers un but
précis, à travers les leurres et les illusions. «Deus escribe direito per linhas
tortas». Cette épigraphe au Soulier de
satin peut toujours être méditée.
Odile Tobner

No 186 n Décembre 2009 nn Billets d’Afrique et d’ailleurs nnn III

Les vingt-cinq ans de Survie

Les vingt-cinq ans de Survie

1994, le génocide
des Tutsi rwandais,
un tournant pour Survie
Tchernobyl
Éditorial publié dans Billets d’afrique
n°12, juillet 1994,
Nous publions par anticipation un numéro de Billets d’Afrique entièrement
consacré au drame rwandais et à ce
qu’il révèle, de lâchetés mais parfois
de courage. Nous continuons surtout
de démonter l’indécente autosatisfaction française. Notre politique africaine
ressemble à la gestion de centrale de
Tchernobyl : la déresponsabilisation
et l’amoralisation de ses opérateurs
autorisent n’importe quel dérapage.
L’alliance de la France avec un régime
rwandais en voie de génocide n’est pas
un accident. On n’en a pas tiré les leçons. Il faut que grandisse, en France et
à l’étranger, le refus de laisser une telle
politique échapper à tout contrôle.

Lettre ouverte au
président François
Mitterrand
Billets d’Afrique n°12, juillet 1994
par le Collectif des parents d’enfants
franco-rwandais.
Nous sommes des Françaises et des
Français des ethnies bretonne, normande, alsacienne, francilienne, provençale, etc. Nous avons fondé des familles
avec des Rwandais et des Rwandaises
qui avaient fui leur pays pour échapper
aux persécutions et à la mort, et trouvé
asile en France. [...]
Après trois ans de guerre civile où la
France a choisi son camp, celui du soutien indéfectible au dictateur en place,
l’espoir était tout de même revenu avec
les accords de paix d’Arusha. L’espoir d’une démocratisation du pays et
d’une réconciliation nationale qui allaient enfin permettre à nos enfants de
fouler le sol de la patrie de leur mère
ou de leur père, de connaître enfin les
membres de leur famille rwandaise qui
avaient pu survivre à ces vingt années
de fascisme.
Hélas, pour beaucoup cela n’aura jamais lieu. En continuant à soutenir
l’ancien régime, en armant et soute-

nant ses extrémistes même après les
accords de paix, vous avez permis les
massacres qui ont fait des centaines
de milliers de victimes au cours de ces
derniers mois. En ne dénonçant pas les
auteurs des massacres depuis le 6 avril,
en accueillant à bras ouverts à Paris les
instigateurs des assassins et en laissant
ceux-ci poursuivre leur sinistre besogne au Rwanda, vous vous êtes rendu
complice d’un génocide et vous avez
abusé le peuple français. À l’heure où
l’on commémorait le massacre d’Oradour, la France avait armé ceux qui se
livraient au même moment, au Rwanda,
à des centaines d’Oradour. Maintenant
que le génocide arrive à son terme, et
que les résistants du Front patriotique
rwandais semblent gagner cette guerre,
vous décidez, sous la bannière humanitaire, d’intervenir, une nouvelle fois
militairement au Rwanda. Comment ne
pas redouter, comme en 1990, une opération politique visant à sauver ce qui
peut l’être de l’ancien régime ?
Qu’allons-nous dire à nos enfants ? Que
notre pays, la France, aura permis l’extermination de la famille de leur père ou
de leur mère, dans leur autre patrie, le
Rwanda ?
Tout ce que nous éprouvons aujourd’hui,
c’est un sentiment de révolte, de honte,
de dégoût profond. Nous avions une
autre idée de notre pays, la France,
pays de la démocratie, des Droits de
l’homme, terre d’asile. Des principes
bafoués. Au nom de ces principes, nous
demandons que la France cesse de soutenir les assassins, leurs instigateurs,
notamment le clan d’Agathe Habyarimana, et demande leur traduction devant un tribunal international. Que la
France en finisse une fois pour toutes
avec son mépris colonial pour le continent africain.

Le plus long
scandale
de la République
Billets d’Afrique n°10, juin 1994
« [...] Une fois de plus, la France est sur
la sellette pour sa politique africaine.

IV nnn Billets d’Afrique et d’ailleurs - Les vingt-cinq ans de Survie nn Décembre 2009 n No 186

Pourquoi donc a-t-elle soutenu jusqu’au
bout le dictateur Habyarimana, dont la
garde prétorienne, craignant pour ses
privilèges, est à l’origine des massacres
ethniques des dernières semaines ? Oui,
pourquoi dans le pays des Droits de
l’homme, quatre présidents successifs
ont-ils poursuivi la même politique de
soutien inconditionnel à des tyrans corrompus au Gabon, au Zaïre, au Tchad,
en République centrafricaine, en Guinée, à Madagascar ?
Pourquoi avoir armé les assassins, pourquoi les avoir protégés contre leurs propres peuples? Pourquoi ces louches réseaux parallèles auxquels, de notoriété
publique, sont liés les Foccart, Pasqua,
les Jean-Christophe Mitterrand? S’il y
avait un Parlement en France, il se poserait cette question, car elle recouvre
le plus long scandale de la République
et ses secrets les moins avouables.»
«Morts et morts», Jacques Julliard, Le
Nouvel Observateur, 5 mai 1994.

Humanitaire
Billets d’Afrique n°12, juillet 1994
Qui a-t-on placé en fer de lance de
l’opération « militaro-humanitaire »
Turquoise, chargé de dresser les armes
et les soldats de la France face à l’avancée du FPR? Le colonel Thibaut, qui
fut conseiller militaire du général Habyarimana jusqu’en décembre 1993... Il
a déclaré qu’il ne ferait «pas de quartier». (Libération, 6 juillet 1994 ; InfoMatin, 7 juillet 1994).

Turquoise, opération
sans boussole
Billets d’Afrique, n°12, juillet 1994
[...] «Au Rwanda, on ne peut pas ne pas
choisir son camp. Après avoir endormi la
communauté internationale, les Français
doivent se battre à nos côtés», lance doctement l’abbé Étienne, à la tête de la Procure de Butare. «[...] Il faut qu’elle sache
qu’il n’y a pas de réconciliation nationale
possible, et que seule une solution militaire mettra un terme à ce conflit. Nous
sommes allés trop loin. La raison du plus
fort doit finir par l’emporter», poursuit ce
jeune abbé hutu, à l’ombre du portrait de
Jean-Paul II [..]. (Laurent Bijard, Le Nouvel Observateur, 30 juin 1994).

Sans commentaires
«[...] Sortez vos mouchoirs : il va y avoir
des larmes. Ames sensibles s’abstenir :
le sang va couler à flots sous les coups de
machette. [...] Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes. » (Extraits d’un « reportage » de Jean d’Ormesson, Le Figaro des 19 et 20 juillet 1994.

La drôle d’allure
de l’opération Turquoise
« L’armée française entrait au Rwanda
plus de deux mois après le début d’un
génocide orchestré par ceux qu’elle
avait entraînés et armés pendant trois
ans. Dès le départ, cette mission «humanitaire» avait une drôle d’allure.
[...] Un mois après son lancement, on
s’interroge toujours sur les véritables
objectifs de Turquoise. [...] Peut-être
existe-t-il plusieurs Turquoise? Une
opération pour les médias et les caméras, à caractère «humanitaire». Et une
autre à consonance militarostratégique,
concoctée par les têtes pensantes d’un
état-major à la recherche d’un point
d’appui dans cette partie de l’Afrique
des Grands Lacs. [...]
Soupçonnant une manip que l’armée ne voulait pas leur avouer, les
ONG ont éprouvé quelques difficultés à suivre les soldats de Turquoise sur le terrain. Difficile pour
elles d’admettre que, derrière le rideau
humanitaire, certains cogitent une nouvelle stratégie africaine, ou la remise
en selle du vieux crocodile Mobutu,
ou pis encore un parapluie sécuritaire
pour les «génocideurs» du peuple tutsi
[...].» (Laurent Bijard, Le Nouvel Observateur, 28 juillet 1994)

Témoignage

Survie :
une passion citoyenne
Gustave Massiah est
ingénieur et économiste,
membre du conseil
scientifique d’Attac-France,
ancien président du CRID
(Centre de recherche et
d’informations pour le
développement) qui bénéficie
du statut consultatif auprès
du Conseil économique et
social des Nations Unies.

A

u départ, tout paraît simple. Des
Prix Nobel, au départ 58, à l’arrivée 126, signent un manifeste
contre la faim et pour «que soit donnée
valeur de loi au devoir de sauver les vivants». Des citoyens décident de défendre cette idée. Personne ne s’oppose à
cette évidence. A l’Assemblée nationale
française, 72% des députés donnent leur
accord et préparent des projets de loi ;
plusieurs projets qui se concurrencent et
dont aucun ne sera soumis au vote. Derrière l’intérêt poli et l’illusion des bons
sentiments, il y a l’opacité des pouvoirs et
des intérêts. Survie, créée autour de François-Xavier Verschave et Sharon Courtoux, n’oubliera jamais cette leçon.
La capacité intacte d’indignation, la volonté de comprendre et d’expliquer, la recherche têtue de la vérité, le refus de se laisser
mener en bateau, l’appel à l’opinion et la
mobilisation citoyenne ; voilà les marques
de fabrique de Survie. Au départ, ils passeront pour des naïfs qui se lasseront ou qui
rejoindront le camp de ceux qui savent que
la politique a ses délices réservés. Ensuite,
ils exaspéreront les responsables reconnus
et les pouvoirs anonymes. Ils seront vécus comme des empêcheurs de tourner en
rond, présentés comme des excités, irresponsables et intransigeants.
La découverte de ce qui couve derrière la
façade lisse de la politique française va
entraîner Survie dans un tourbillon. Elle
va la radicaliser, au sens de l’amener à aller à la racine des choses. Survie s’accroche, se développe et fait feu de tout bois.
Elle mène ses actions sur tous les terrains,
dans les médias, dans la théorie, dans la
politique, dans l’action militante, dans les
batailles juridiques et judiciaires. Elle innove constamment sur le fond et dans les

formes de l’action militante. L’exposition
de ses affiches, des livres, des disques,
des publications témoigne d’une création
artistique continue. Ils sont porteurs d’un
incroyable optimisme ; de l’idée que le
réveil citoyen est inéluctable et débouchera sur un monde plus juste.
Depuis sa création, en 1984, je me suis
toujours retrouvé avec Survie dans des
engagements essentiels. Du dévoilement
de la Françafrique et de la corruption à
la dénonciation des responsabilités de la
politique française dans la situation des
pays et des peuples africains, jusqu’à cette implication terrible dans le génocide au
Rwanda. A ceux qui trouvent que Survie
exagère, je réponds souvent que quand on
commence à lever le voile, on en arrive
vite à penser que ce n’est pas assez. Je
voudrais aussi témoigner que Survie, tout
en cultivant sa singularité, a toujours été
attentive à la construction d’un mouvement de solidarité internationale en France et dans le monde. Je l’ai vérifié à partir
du compagnonnage constant entre Survie
et le Cedetim et de l’engagement de Survie dans Attac et dans le Crid.
Nous avons plus que jamais besoin de
Survie, de son refus de baisser les bras,
de sa volonté de donner la parole à ceux
qui s’opposent à tous les crimes, y compris ceux qui sont commis en notre nom.
Survie a renouvelé et porté au plus haut
une grande exigence : la volonté de lier
morale et politique. Elle démontre ce qui
caractérise une véritable passion citoyenne : la prétention de pouvoir se lever et
dire non, surtout si on dérange, même si
on est tout seul. La démonstration que la
liberté est l’affaire des citoyens, de chaque citoyen. Merci à Survie !
Gustave Massiah

No 186 n Décembre 2009 nn Billets d’Afrique et d’ailleurs - Les vingt-cinq ans de Survie nnn V

Les vingt-cinq ans de Survie

Les vingt-cinq ans de Survie

1998 : Survie se mobilise pour la constitution d’une vraie
commission d’enquête sur le rôle de la France au Rwanda
Récidive
Editorial Billets d’Afrique n°59, juin 98
La mission parlementaire d’information
sur le Rwanda hésite beaucoup à être à
la hauteur de l’événement. Elle ne pose
encore que rarement, et faiblement,
les vraies questions aux responsables
civils et militaires de l’époque (199094) : que saviez-vous des prémices du
génocide ? que saviez-vous de la présence française multiforme, officielle
et occulte, en appui de ceux qui commettaient ces prémices et préparaient
le pire ? que pouviez-vous comprendre
de l’engrenage qui ferait de la France
le principal allié des génocideurs ?
qu’avez-vous fait de ce savoir et de cette intelligence ?
La plupart de ces responsables répètent : nous ne savions pas. Et si nous
n’avons pas tout fait pour enrayer l’engrenage, c’est que nous n’imaginions
pas à quelle horreur il mènerait.
Nous disons aujourd’hui aux responsables français: de tels engrenages sont
en place au sud du Tchad et du Congo.
Ils peuvent vous conduire à être complices de crimes contre l’humanité, et à
devoir en répondre. (…)
Vous ne pourrez pas dire: nous ne savions pas. Vous ne pouvez plus ignorer
ce fonctionnement clandestin, la part
immergée de l’iceberg franco-africain :
la Françafrique.
Certes, elle a servi jusqu’ici à nier toute
responsabilité officielle dans les crimes
français commis en Afrique.
Mais ce double langage ne marche
plus. À vouloir tirer encore sur cette
ficelle, vous achèveriez de discréditer
la France.
Et vous prendriez un risque aggravé:
vous faire accuser de récidive.
François-Xavier Verschave

Ils ont dit

Billets d’Afrique n°61, août-septembre
1998
Le Monde, Le Parlement peine à éclaircir le
rôle de la France au Rwanda, 10 JUILLET
1998 (Rémy Ourdan) : «Jeudi 9 juillet, à la
dernière audition, le voile n’a pas été levé.
[...] [Certes], pour la première fois en France, le Parlement enquête sur le «domaine

réservé». [...] Reste cependant l’essentiel, à
savoir le Rwanda et la responsabilité de la
France. Un sérieux problème est posé. Car
les auditions furent décevantes, voire pathétiques. [...]
Des députés supposés chercher la vérité ont
critiqué ouvertement des universitaires qui,
forts d’années de recherches, exposaient des
vues non conformes à la ligne officielle. [...]
Des officiers et des diplomates ont été remerciés [...] sans avoir été précisément déstabilisés par des questions gênantes. [...] Il y
eut [...] beaucoup de sourires de connivence.
Il y eut des témoins ayant d’étonnants trous
de mémoire. Il y eut Édouard Balladur réclamant plutôt une commission d’enquête sur
la presse coupable de salir la France. [...]
Un militaire a avoué en souriant être «surpris par le peu de curiosité de ces enquêteurs». [...] Des témoins [...] n’ont pas
relaté l’ambiance du Rwanda des années
90-94, la relation d’extrême proximité entre
Français et Hutus, le racisme flagrant envers
ces Tutsis d’Ouganda qualifiés de «Khmers
noirs», l’évidence que Paris et Kigali travaillaient la main dans la main. [...] Bien
des aspects relèvent des services spéciaux,
d’officines plus ou moins connues, d’agents
d’influence, de réseaux politiques ou financiers. Il est difficile d’arriver à des conclusions sérieuses sans plonger dans cet univers
du secret. Or les députés s’y sont refusé. Le
monde de la «Françafrique» n’a pas été
sondé. Un homme comme Barril [...] n’a
pas été auditionné».

Ils ont dit
Billets d’Afrique n°58, mai 98
«Il y a quelque chose d’exaspérant dans
la mise en cause de la France par certains
organes de presse et certains pays donneurs de leçons. [...] La France n’a pas
à rougir de l’action qu’elle a conduite»
(Jack Lang, intervention du 09 avril 1998
à la Commission des Affaires étrangères
qu’il préside).

Rwandagate
Billets d’Afrique n°56, mars 98
La pression s’accentue pour demander
une autre enquête parlementaire, sur la
responsabilité de la France dans le génocide rwandais. Après Le Figaro, L’Express s’y est mis dans un dossier-canon

VI nnn Billets d’Afrique et d’ailleurs - Les vingt-cinq ans de Survie nn Décembre 2009 n No 186

Survie, 15 ans
pour la vérité
et la justice

(12 février 1998), et même Libération (02
février 1998). De grandes ONG s’apprêtent à mener campagne sur ce thème. Il
sera difficile de ne pas imiter le Parlement
belge. Est-ce pour réduire la pression ?
La France aurait accepté, selon le ministre
rwandais des Affaires étrangères, de «réduire le lourd contentieux entre Paris et
Kigali» (AFP, 18 février 1998). Si l’on
pouvait déjà cesser de l’alourdir...

Manifestation de
Survie à Paris

La gaffe

Billets d’Afrique n°58, mai 98
«Pour [auditionner] les agents de la
DGSE et les individus comme Barril, c’est
le mystère. Nous ne savons pas s’ils seront autorisés à témoigner si jamais nous
souhaitons les entendre. Pour ceux-là, le
feu vert de l’Élysée et de Matignon sera
délivré au cas par cas». (Un député de la
mission d’information, cité par Le Monde
du 21 avril 1998). Quelle gaffe ! Ce député nous révèle que Paul Barril dépend
directement de l’Élysée et de Matignon,
au même titre que les agents de la DGSE,
et qu’il engage donc la responsabilité de
l’État français !

Contradiction

Editorial Billets d’Afrique n°66 bis, janvier 1999
La publication du rapport de la Mission
parlementaire d’information sur le
Rwanda a donné lieu à un grand écart entre le discours de son président (l’ancien
ministre de la Défense de François Mitterrand, Paul Quilès), axé sur la disculpation de la France, et le contenu même du
rapport : celui-ci étale au contraire les responsabilités majeures de la France dans la
tragédie rwandaise.
Le rapport signale ainsi que la France a reconnu officiellement la légitimité du Gouvernement intérimaire rwandais (GIR) jusqu’au 20 juin 1994 au moins - c’est-à-dire
pratiquement jusqu’à la fin du génocide.
Durant le mois de juillet, Paris refusait
encore de s’en démarquer. Alors que, dès
le 15 mai, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé admettait précisément et
publiquement que, sous ce gouvernement,
se commettait un «génocide». La France
savait - et pourtant elle soutenait ce GIR
de tout son poids diplomatique. Sans parler

des livraisons d’armes qui se tramaient à
Paris - au moins jusque mi-juillet, par des
canaux parfaitement connus des services
français. La France savait. Le directeur des
Renseignements militaires Jean Heinrich
déclare qu’elle était parmi les mieux informées sur le Rwanda.
La Mission parlementaire plaide «l’erreur
», tout en admettant que les procédures de
décision suivies, politiques et militaires, ne
furent guère différentes de celles en usage
pour d’autres pays africains. Mais si, sachant tout, la France n’a rien compris, si
elle a pu commettre une erreur aussi énorme malgré l’abondance des avertissements,
malgré l’évidence des massacres, n’y a-til pas de vrais et grands coupables : tous
ceux qui, par vanité ou intérêt, ont perpétué
un système franco-africain obsolète et incontrôlé - sorte de Tchernobyl gaulois ?
Le plus étonnant, c’est qu’il se trouve encore des «responsables» politiques (y
compris parmi les membres de la Mission)
pour protéger cette vache sacrée.
Le président Quilès, lui, voudrait bien la
réformer - à condition de nier la responsabilité française. Une fois de plus : depuis
1945, tous les crimes coloniaux et postcoloniaux ont été placés sous le signe de
l’impunité.
Ce n’est pas seulement une offense au
devoir de mémoire : cela décrédibilise la
France. Et, en l’occurrence, son Parlement.
Personne à l’étranger ne croit en l’innocence de la France au Rwanda. Même
la presse hexagonale n’y croit plus.
Pourtant, le travail des rapporteurs
n’est pas vain. En certains chapitres, il
est même excellent. Le millier de pages
d’analyses, d’auditions et de documents

fournit quantité d’outils pour l’exploration plus approfondie d’un système
pervers, qui auto-intoxique ses propres
«décideurs».
Bien qu’inachevée, cette investigation
inédite au Parlement mériterait donc
un satisfecit... si elle ne sous-estimait
pas systématiquement les circuits occultes d’action et de décision ; si elle
ne niait pas, trop souvent, ce qui n’est
pas (encore) prouvé ; si elle n’avait,
sciemment, esquivé ou censuré des témoins-clefs. Rien que le cas du capitaine Barril montre la nécessité d’une
commission d’enquête (et non plus
seulement d’une mission d’information) sur les aspects cachés de l’implication de la France au Rwanda. Pour
l’honneur, nous la réclamons.
François-Xavier Verschave

France-Rwanda
Billets d’Afrique n°58, mai 98
«À chaque fois que Jean-Christophe
Mitterrand débarquait [à Kigali], quinze
Mercedes l’attendaient. [...] On constatera une complicité incroyable, un compagnonnage auquel on ne comprendra rien
entre Jean-Christophe Mitterrand [...] et
Jean-Pierre Habyarimana, fils du président rwandais». (Thérèse Pujolle, ancien
chef de la mission civile de coopération à
Kigali de 1981 à 1984, citée par Le Figaro
du 01 avril 1998).
Jean-Christophe Mitterrand a affirmé solennellement devant la mission d’information parlementaire qu’il ne connaissait pas
Jean-Pierre Habyarimana. Une confrontation des points de vue s’impose !

1993 : Jean Carbonare, président de
Survie, alerte l’opinion au journal de 20
heures d’Antenne2 sur le soutien militaire et financier de la France au régime
rwandais.
1994 : François-Xavier Verschave, président de Survie, publie : Complicité de
génocide ? La politique de la France au
Rwanda (La Découverte).
1995 : Survie inclut dans ses statuts la
lutte contre la banalisation du génocide
et engage une campagne visant à l’arrestation de trois figures clés du génocide :
Bagosora, Kayishema et Sindikubwabo.
1998: Survie initie le « Comité vérité
pour le Rwanda»: mobilisation pour la
création d’une Commission d’enquête
parlementaire et suivi des travaux de la
Mission d’information.
2000 : 1ère constitution de partie civile
contre des présumés génocidaires en
France, notamment contre l’abbé Wenceslas Munyeshaka, Laurent Bucyibaruta, Laurent Serubuga, Cyprien Kayumba…
2004 : Survie organise avec d’autres
associations et personnalités une Commission d’enquête citoyenne (CEC) et
lance une campagne nationale intitulée
«Rwanda 1994-2004. Les victimes et
complices oubliés du génocide ».
2005 : publication de L’horreur qui nous
prend au visage (Rapport de la CEC) et
d’Imprescriptible (Mémorandum juridique de la CEC).
2005 : plaintes de Rwandais contre des
militaires français pour complicité de génocide au Tribunal aux Armées de Paris.
Décembre 2005 : ouverture d’une information judiciaire contre X pour « complicité de génocide». Appel du Parquet.
2006 : Survie se constitue partie civile
aux côtés de la FIDH et de la LDH.
Mai 2006 : la chambre de l’instruction
de la Cour d’appel de Paris juge l’ensemble des plaintes recevables.
2009 : publication de La complicité de
la France dans le génocide des Tutsi
au Rwanda. 15 ans après / 15 questions
pour comprendre (L’Harmattan), et colloque à l’Assemblée nationale.

No 186 n Décembre 2009 nn Billets d’Afrique et d’ailleurs - Les vingt-cinq ans de Survie nnn VII

Les vingt-cinq ans de Survie
Billets d’Afrique
vous salue bien !
Septembre, le 1er Edito
Billets d’Afrique et d’ailleurs a un objectif précis : contribuer à achever un système de coopération rongé jusqu’à la corde par l’affairisme
et le cynisme, en ne lâchant pas les baskets de
ceux qui seraient tentés de le perpétuer. Trop
de gens, ici et là-bas, sont empêchés d’agir,
alors qu’ils voudraient engager leur énergie,
leur enthousiasme, dans un «contrat de génération», être partenaires dans la construction, non pas d’un monde parfait, mais d’un
monde vivable. Le système actuel ne tient plus
que par son opacité. Il est plus que nécessaire
aujourd’hui de faire la lumière sur les bonnes et
les mauvaises actions de la coopération. Nous
avons pour cela besoin de témoignages : ceux
des acteurs d’une coopération authentique - en
activité ou à la retraite ; ceux des observateurs
ou des victimes de ses dévoiements.
En diffusant largement ces témoignages, nous
espérons sensibiliser et faire réagir les Français, financeurs de l’Aide Publique au Développement et derniers juges de son utilisation.
Celle-ci consiste trop souvent, selon la formule
de José Artur, « à prendre l’argent des pauvres des pays riches pour le donner aux riches
des pays pauvres» (en commissionnant au
passage quelques puissants des pays riches).
Les contribuables ne sont sans doute pas tout à
fait d’accord avec cette définition ; quant aux
citoyens, ils conçoivent sans doute autrement
l’action de leur pays, et l’image qui en résulte.
François-Xavier Verschave

Jean Carbonare, Claude Cheyson et François-Xavier Verschave en 1984.
Jean carbonare, a présidé l’association Survie de 1988 à 1994, Jean Carbonare nous
a quittés le 17 janvier 2009. «Nous pouvons-faire quelque chose» était son mot d’ordre. Il refusait la fatalité de la misère, la fatalité économique, la fatalité de la guerre,
la fatalité de la mésentente. Il détestait les mensonges politiques. Il est l’un des rares
français à avoir tenté d’inverser la mécanique génocidaire au Rwanda plus d’un an
avant son déclenchement. Son intervention au journal télévisé de Bruno Masure sur
Antenne 2 à 20h le 24 janvier 1993 a représenté un moment fort dans son engagement
humaniste. François-Xavier Verschave lui a succédé jusqu’à sa disparition en juin
2005

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VIII nnn Billets d’Afrique et d’ailleurs - Les vingt-cinq ans de Survie nn Décembre 2009 n No 186

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