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RW/DIVERS/940808C 0 F 19 — het
MINISTERE REPUBLIQUE FRANCAILSE
DES
AFFAIRES ETRANGERES Paris, le 8 août 1994.
DIRECTION DES AFFAIRES
FRICAINES ET MALGACHES
NS 2194 /DAM
- NOT E}-
A/S : RWANDA : réunion interministérielle du 8 août 1994.
I - Relations avec les autorités de KIGALI
La
D'une façon générale, il est essentiel de faire à
l'égard des autorités de Kigali, les gestes politiques qui
nous permettront d'optimiser le retrait de la zone humanitaire
sûre des forces françaises de TURQUOISE.
Il ne doit pas pouvoir nous être reproché de ne pas
avoir tout fait pour assurer que ce retrait se déroule dans
les meilleures conditions possibles.
À cet égard, les entretiens que notre Ambassadeur à
KAMPALA a eus avec le président de la République et le
ministre des Affaires Etrangères rwandais à KIGALI le 6 août
appellent une action sur trois points
- L'envoi d'une antenne diplomatique qui serait
présentée comme chargée d'étudier la réouverture de
l'Ambassade. Les autorités rwandaises ont donné des
garanties quant aux moyens de travailler dont elle
bénéficierait (sécurité, liberté de circulation,
libre disposition des locaux).
Il convient donc de prévoir le départ dans les 48 à
72 heures d'une mission dirigée par un diplomate (M.
Jacques COURBIN) disposant d'un chiffre.
- Les autorités de KIGALI ont critiqué notre souhait
de confier la sécurité des membres du gouvernement
ou officiels qui souhaiteraient se rendre dans la
zone humanitaire sûre à La MINUAR et demandent
qu'elle soit assurée par la force TURQUOISE.
Le représentant permanent adjoint à New York va
recevoir instruction d'adresser une lettre au
Président du Conseil de Sécurité et au Secrétaire
Général des Nations Unies confirmant que, l'autorité
du gouvernement rwandais s'étendant sur l'ensemble
du territoire rwandais, Y compris la zone
humanitaire sûre, nous sommes disposés à prêter
colo
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_ LE .,
notre plein concours pour faciliter la venue sur
cette partie du territoire rwandais des membres du
gouvernement ou d'autres personnalités.
I1 sera demandé à New York que cette lettre soit
rendue publique.
- Les autorités de KIGALI ayant protesté contre la
nomination dans la zone de responsables locaux, il
sera précisé qu'il s'agit là d'interlocuteurs
provisoires et nous souhaitons que le gouvernement
rwandais mette en place rapidement une
administration locale qui pourra aider à une reprise
de la vie normale dans la zone.
II - DEPLOTEMENT DE LA MINUAR.
Alors que la déflation des éffectifs des forces
françaises se poursuit (1 compagnie cette semaine), une
nouvelle compagnie ghanéenne arrive dans le district de
GIKONGORO, portant à 300 le nombre des Ghanéens de la MINUAR
présents.
Dans le district de KIBUYE, la relève des effectifs
français par la force interafricaine devrait être réalisée en
fin de semaine.
A CYANGUGU, l'arrivée des Ethiopiens qui doivent
prendre la succession de nos forces n'est pas prévue avant les
22 ou 23 août en raison de l'indisponibilité des avions
américains chargés de les transporter.
Une démarche est faite à WASHINGTON et à NEW YORK
pour souligner la nécessité de leur déploiement avant la fin
du mandat de TURQUOISE, de préférence entre les 15 et 17 août
pour prévoir le délai de passation des consignes.
III - AIDE ALIMENTAIRE
La situation alimentaire est préoccupante en zone
humanitaire sûre (50 % des besoins satisfaits). La chaîne
d'alimentation par le PAM a été interrompue pendant 3
semaines. Des pénuries sont à craindre. Cette situation est
d'autant plus inquiétante qu'elle se développe au moment où
le départ des forces françaises doit avoir lieu.
Or, à l'instigation des Américains et sans la
consultation traditionnelle des représentants occidentaux
concernés, le HCR a diffusé une note affirmant que la piste de
GOMA n'était plus en état de recevoir les avions transportant
l'aide et demandant leur acheminement via ENTEBBE.
Des démarches de protestations sont faites auprès du
HCR et auprès des Etats Unis soulignant l'inexactitude de
l'information et la nécessité de maintenir un courant d'aide
alimentaire vers la zone humanitaire sûre.
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Parallèlement, le Cabinet du Ministre délégué à
l'Action Humanitaire et aux Droits de l'Homme étudie les
moyens de consentir un effort national supplémentaire pour
l'acheminement d'une aide alimentaire significative pendant
cette période déterminante pour le retrait dans de bonnes
conditions des forces françaises./.
val
Jean-Marc de La SABLIERE