Citation
DR Jacques-Roger Booh Booh
Yaoundé le 20 JUILLET 1995.
Tél: (237)20.86.30
Monsieur le Professeur,
Pour des raisons technique, votre lettre-fax en
date du 4 Juillet 1995 m'a été remise avec une semaine de
retard. Je m'enpresse de vous fournir les informations
sollicitées.
J'apprécie votre souci de mener une recherche
honnête sur le drame que continue de vivre le Peuple Rwandais
au moment où des publications récentes que j'ai pu lire sur
ce sujet m'ont semblé à la fois superficielles et partisanes.
On dépense beaucoup d'énergie à imputer aux étrangers les
causes de la difficile cohabitation Hutu-Tutsi sans méditer
suffisamment sur ces paroles tirées des PSAUMES 9, Verset 16
“ Les nations tombent dans la fosse qu'elles ont faite ,
leur pied se prend au filet qu'elles ont caché ".
Vous pouvez donc dans votre louable démarche
compter sur ma modeste mais sincère coopération.
Enfin, je vous fait tenir deux Communiqués de
Presse publiés à Kigali, à New-York. et par certains organes
de presse qui donnent l'état d'esprit qui règnait au siège
de la MINUAR lies 7 et 8 Avril 1964.
Veuillez agréer Monsieur le Professeur, l'expres-
sion de mes sentiments distingués, /-
_ DR. Jacques-Roger BOOH BOOH
Ancien Représentänt Spécial du
Secrétaire Général de L'ONU au
RWANDA
PROF. DR. FILIP REYNTJENS
UNIVERSITAIR CENTRUM ANTWERPEN
BRUSSELS
REPONSES DU DR. J, R,. BOOH BOOH AUX QUESTIONS SUR
LE RWANDA POSEES PAR LE PROFESSEUR DR FILIP REYNTJENS
REPONSES À LA PREMIERE QUESTION:
Puisque vous avez souhaité voir évoquer certains faits
antérieurs au 2 Avril 1994, je vous dirais brièvement ceci:
Au cours des dix derniers joure du mois de Mars, les Observateurs
aux négociations de l'Accord de Paix d'Arusha à savoir les Ambassadeurs
à Kigali, de France, de Belgique, d'Allemagne, des Etats-Unis,
du Zaïre, de la Tanzanie, du Burundi, d'Ouganda, le Nonce Apostolique
et Doyen du Corps Diplomatique et moi-même, ont réussi à rapprocher
sensiblement les deux tendances du Parti libéral qui constituait
le dernier obstacle à la mise en place des institutions de la transition
Mais contre toute attente nous avons vu surgir la revendication
de la CDR ( Coalition pour la Défense de la République ) d'occuper
un poste de Député à l'Assemblée Nationale de la transition confor-
mément à l'Accord d'Arusha. De l'avis de tous, le Chef de l'Etat est
soupçonné d'être l'Instigateur de la démarche de ce Parti extrémiste
Hutu, impliqué dans de nombreux actes de violence et jusque là farou-
chement hostile à l'Accord de Paix d'Arusha.
Tous les efforts de la Communauté Internationale ( représentés
par les Observateurs rappelés plus haut ) pour surmonter ce nouvel
obstacle, vont s'avérer vains, Nous avons proposé notamment dans un
Communiqué de Presse que dans un esprit de reconciliation nationale,
la CDR puisse occuper $on poste de Député mais qu'en retour la mouvance
présidentielle renonce définitivement à susciter d'autres obstructions
à la bonne exécution de l'Accord de Paix.
Ni HABYARIMANA, ni le FPR ont accepté cette proposition
alors que les Partis politiques représentés au Gouvernement à l'excep-
tion du MRND appuyaient la position des Observateurs.
J'ai cherché en vain rencontrer le Chef de l'Etat à Kigali
pour lui faire part de la lassitude des membres du Conseil de sécurité
qui devant se réunir le 5 Avril étaient réticents pour proroger
le mandat de la MINUAR,
M. Joseph NZIRORERA que j'ai contacté m'a informé le 1er
Avril que le Chef de l'Etat allait passer la fête de Pâques à Gisenyi
et qu'il serait disposé à m'y recevoir.
Ayant informé New-York, le Commandant de la Force a mis
une forte escorte à ma disposition pour me rendre à Gisenyi le 2 Avril
A Gisenyi, je n'ai rencontré aucune Personnalité Officielle 1e 2 Avril
Le 3 Avril vers 11 H, M. NZIRORERA est venu m'informer à
l'Hôtel le Méridien de Gisenyi que le Président de la République était
disposé de me recevoir à dîner chez lui le jour même. M. NZIRORERA
a ajouté que le Président étant invité à déjeuner chez un de ses
Anciens Ministres HIGANIRO Alphonse, originaire de Gisenyi, il me
suggérait de me rendre aussi à ce déjeuner pour avoir un premier
contact avec le Chef de l'Etat; ce que j'ai accepté bien que n'ayant
jamais rencontré M. HIGANIRO,
À ce déjeuner, il y avait outre les Hôtes, le Chef de l'Etat
et son épouse, NZIRORERA et son épouse, un Banquier du nom de Pasteur
MUSADE et son épouse, le gendre du Président HABYARIMANA et son
épouse et moi-même.
Au dîner chez le Président, les mêmes personnes se sont
retrouvées avec en plus le Colonel Commandant de la place de Gisenyi
et deux autres personnes qui ne m'ont pas été présentées,
S'agissant du fond de votre question, je voudrais insister
sur le fait que je n'ai eu ni tête à tête, ni séance de travail avec
le Président à Gisenyi,
Mais tant au déjeuner qu'au dîner les conversations à bâton
rompu ont tourné essentiellement autour de l'Accord d'Arusha et de
la necéssité avant le 5 Avril de mettre les institutions en place
en laissant si nécessaire de côté le problème de la CDR. J'ai indiqué
les sérieuses préoccupations du Secrétaire Général BOUTROS BOUTROS-GHALI
qui n'était pas sûr du renouvellement du mandat de la MINUAR; certains
pays influents envisageant à contre coeur ce renouvellement pour
quelques semaines seulement...
../ 3.
Le Président HABYARIMANA s'est aussitôt insurgé contre
les accusations selon lesquelles c'est lui qui bloquait la mise
en exécution de l'Accord. Voilà, Monsieur le Représentant Spécial,
j'ai déjà prêté serment pour précisement exécuter l'Accord de paix:
on ne saurait en dire de même pour l'autre partie a-t-il déclaré...
IL a attaqué le Président MUSEVENI d'Ouganda de soutenir
militairement le FPR avant de s'en prendre à la Communauté Interna-
tionale qui fait des pressions intolérables sur lui alors qu'elle
a toujours ménagé le FPR tant au cours des négociations de l'Accord
de Paix d'Arusha qu'en ce qui concerne l'exécution actuelle dudit
Accord.
M. NZIRORERA et tous ceux qui étaient présents, appuyaient
bien sûr avec zèle les vues du Chef de l'Etat,
En discutant de l'insécurité croissante dans le pays,
j'ai fait allusion à la rumeur selon laquelle le Président HABYARIMANA
continuait de livrer des armes aux extrémistes Hutu du Burundi et
qu'il prenait là des risques personnels sérieux. Le Président n'a
pas réagi.
Devant mon insistance de voir le Président prendre une
décision historique. pour faire mettre les institutions de la transition
en place avant la réunion du Conseil de Sécurité du 5 Avril, le Chef
de l'Etat au moment de le quitter m'a informé qu'il se rendra à
GBADOLITE le 4 Avril puis à DAR ES SALAM le 6 Avril et qu'il me
recevra dès son retour à Kigali. Il ne m'a rien promis de précis,
Son soutien à la CDR m'a semblé très ferme. Mais j'étais cependant
satisfait d'avoir pu faire connaître les vives préoccupations du
Secrétaire Général de l'ONU au Président de la République et ce,
avant la réunion du Conseil de Sécurité.
REPONSE A LA DEUXIEME QUESTION:
Je ne suis pas au courant de la rencontre du Prémier Ministre
Madame UWILINGIYIMANA avec les Officiers le 4 Avril,
Rentré de Gisenyi le 4 Avril soir ( jour férié ) j'ai pu
seulement assister à la cérémonie marquant l'anniversaire dé l'Indépen-
dance du Sénégal qui se tenait à l'Hôtel le Méridien en qualité
d'Invité d'Honneur.
../ 4.
Sur sa demande, j'ai rencontré par contre le Prémier Ministre
le 5 Avril accompagné de mon Conseiller Politique Principal Monsieur
MAMADOU KANE. Le Prémier Ministre n'a pas évoqué une rencontre qu'elle
aurait eue avec les Officiers. Elle m'a plutôt parlé des efforts qu'elle
a déployés pendant le Week end pour faire accepter la revendication
de la CDR au FPR. Le FPR considère m'a t'elle dit que la CDR est une
bande de Térroristes qui veulent souiller l'Accord de Paix de leurs
crimes. Le FPR est fermément opposé à la position de la Communauté
Internationale sur ce probleme de la CDR.
Mais le Prémier Ministre pensait que si le Chef de l'Etat
rénonçait de façon solennelle à faire obstruction à la mise en place
des institutions, Le FPR qui a confiance en elle pourrait peut être
se montrer plus fléxible sur la requête de la CDR.
Le Prémier Ministre a apprécié le rapport que je lui ai
présenté de mon séjour à Gisenyi e semblait beaucoup compter sur
moi pour amener le Président à coopérer sincèrement avec Elle et
avec le FPR.
À la sortie de cette audience, mon Conseiller Politique
Principal à pris contact avec le Directeur de Cabinet du Président
ENOCH RUGIRA qui lui a dit que le Chef de l'Etat pourra me recevoir
à son retour de Tanzanie et qu'il est possible qu'il fasse une décla-
ration ou rende public un Communiqué de Presse pour proposer une
solution pour mettre un terme à l'impasse politique que connait
le Rwanda.
REPONSE A LA TROISIEME QUESTION:
Le Général DALLAIRE, Commandant des Forces de la MINUAR
s'est rendu au Ministère de la Défense après avoir appris la mort
du Chef de l'Etat pour savoir les mesures qui avaient été prises
pour assurer la tranquillité dans le pays ainsi que la contribution
éventuelle que la MINUAR pouvait apporter à l'effort du Gouvernement
dans ce domaine.
C'est à ce moment que le Général DALLAIRE à été informé de
l'existence d'un Comité Militaire de crise et de la désignation du
Colonel GATSINZI au poste de Chef d'Etat Major par intérim de l'Armée.
./..
../ 5.
Pressé par des questions délicates à caractère politique,
Le Général DALLAIRE s'est réferé à moi et m'a conseillé de recevoir
une délégation d'officiers des Forces Armées Rwandaises ( FAR ).
Peu avant minuit, le Colonel BAGOSORA, Directeur de Cabinet
du Ministre de la Défense et le Lieutenant Colonel RWABILINDA EPHREM,
Agent de liaison des FAR auprès de la MINUAR m'ont été présentés à
ma résidence par le Général DALLAIRE. Outre le GENERAL, j'étais entouré
de Moctar GUEYE Porte-Parole Adjoint de la MINUAR et NGIJOL Gilbert,
Assistant du Représentant Spécial de L'ONU à Kigali. Notre entretien
à duré moins d'une heure.
Le Colonel BAGOSORA m'a confirmé la mort du Chef de l'Etat
et m'a informé de la mise en place d'un Comité militaire pour diriger
provisoirement le Pays.
Je lui ai demandé si cela signifiait qu'il y a eu Coup d'Etat.
Le Colonel BAGOSORA a rejetté énergiquement toute idée de coup d'état.
Il a ajouté. que le but des Officiers est de rassurer la population
et de faire exécuter l'Accord de Paix d'Arusha. Pendant que le Comité
militaire rassurera le Peuple a-t-il précisé, le Représentant Spécial
poursuivra ses efforts pour rapprocher les Leaders Politiques afin
de mettre Les institutions de la transition en place le plus
tôt possible,
J'ai répondu net que ce schéma des militaires Rwandais était
contraire au mandat de la MINUAR et qu'il fallait que les militaires
prennent plutôt contact avec le Prémier Ministre qui est légalement
en fonction ainsi qu'avec les dirigeants du MRND qui doivent désigner
le président de la République dans leurs rangs en vertu de l'Accord
de paix d'Arusha. J'ai suggeré également que les militaires puissent
consulter les observateurs de l'Accord de Paix. Le Général DALLAIRE
a appuyé ma position et a ajouté que dans tous les pays démocratiques,
les militaires obeissent aux ordres des Civils et non l'inverse.
Le Colonel BAGOSORA a accepté de rencontrer les Responsables
du MRND et les Observateurs de l'Accord. Par contre, il a dit avec
énergie que jamais les militaires prendront contact avec Madame
le Prémier Ministre qui a été rejétée par les membres de son propre
Gouvernement et le Peuple Rwandais.
../ 6.
Informé de cette entrevue, l'Ambassadeur des Etats Unis
a accepté après consultation avec les autres Ambassadeurs, d'accueillir
la délégation des FAR et les Observateurs à sa résidence le 7 Avril
à 9H ou 10H.
Cette réunion n'a pu avoir lieu car les rues de la Capitale
étaient barrées par les militaires et les miliciens Hutu trés tôt
le matin du 7 Avril. Par-contre la délégation des FAR dirigée par
le Colonel GATSINZI et comprenant les Colonels BAGOSORA et EPHREM
RWABILINDA a pu se rendre au Rendez-vous chez l'Ambassadeur des Etats
Unis qui l'a reçue tout seul. Je n'ai pas été informé de ce qui
s'est dit au cours de cette rencontre. Dommage, car je pense que les
Observateurs auraient: peut être pu dissuader le Colonel BAGOSORA
et ses Collègues de ne pas commettre l'irréparable en ordonnant
les assassinats odieux que l'on sait.
RÉPONSE À LA QUATRIEME QUESTION:
Comme je l'ai indiqué plus haut, le Colonel BAGOSORA a rejeté
toute idée de prendre contact avec le Prémier Ministre, en dépit
de mes conseils et ceux du Général DALLAIRE sur l'opportunité d'une
telle rencontre,
REPONSE À LA CINQUIEME QUESTION:
Oui, j'ai été en communication téléphonique constante avec
le Prémier Ministre toute la nuit du 6 au 7 Avril, et de façon
épisodique avec le Prémier Ministre désigné. Un Responsable du FPR
et un Journaliste du FPR m'ont aussi téléphoné avant que je ne reçoive
le Colonel BAGOSORA.
Vers une heure du matin, j'ai informé fidélement le Prémier
Ministre des entretiens que j'ai eus avec le Colonel BAGOSORA. Lorsqu'
elle a appris que les militaires rejettaient énergiquement toute idée
de contact avec le Premier Ministre, elle m'a dit excedée : je dois
m'adresser au Peuple Rwandais très tôt le matin, aidez moi Monsieur
le Représentant Spécial à me rendre à la Radio le matin pour pouvoir
parler au Peuple Rwandais. J'ai promis faire tout mon possible pour
qu'elle puisse se rendre à la Radio le matin.
.../ 7.
J'ai demandé en outre au Prémier Ministre si elle n'avait
pas de FAX pour essayer de contacter dès maintenant les agences de
presse et surtout les Radios Internationales très écoutées au
Rwanda : Elle m'a répondu par la négative,
Le Prémier Ministre ne m'a pas divulguer le contenu du
message qu'elle voulait adresser au Peuple Rwandais. L'escorte
spéciale mise en place le 7 Avril par le Général DALLAIRE pour
conduire le Prémier Ministre à la Radiodiffusion n'a pu effectuer
sa mission, les rues de- La Capitale, ayant déjà été barrées par
les FAR et les miliciens très tôt le matin du 7 Avril,
Madame le Prémier Ministre a pu cependant avant sa mort
accorder une interview par téléphone à RFI qui a été radiodiffusée
le 7 Avril dans la matinée.
Le Prémier Ministre désigné informé par le Prémier Ministre
de nos contacts m'a téléphoné deux ou trois fois dans la nuit du
6 au 7 Avril pour avoir des informations et m'encourager à poursuivre
mes efforts pour dissuader les militaires à faire un Coup d'Etat.
Madame le Prémier Ministre m'a téléphoné pour la dernière
fois le 7 Avril autour de 8H30 pour m'informer de l'arrestation
du Ministre de l'Agriculture et de ses proches par les FAR ou la
Garde Présidentielle. Le Prémier Ministre désigné m'a confirmé peu
après cette arrestation ainsi que celle du Ministre de l'Information.
REPONSE A LA SIXTEME. QUESTION:
En dehors des entretiens à mon domicile relatés plus haut,
je n'ai pas eu d'autres contacts avec le Colonel BAGOSORA dans la
nuit du 6 au 7 Avril. Je ne l'ai plus jamais revu dépuis cette
unique rencontre ni reçu un coup de téléphone de lui.
J'ignore tout de ce que Ce Colonel à pu faire et qui il a
pu rencontrer en sortant de chez moi dans la nuit du 6 au 7 Avril
en compagnie du Général DALLAIRE.
RÉPONSE À LA SEPTIEME QUESTION:
Je ne sais pas Comment le "Gouvernement Intérimaire " a éte
formé, J'ignore qui l'a formé et où il a été formé. Je n'ai participé
ni de près ni de loin à la formation de ce Gouvernement.
.../ 8.
Connaissant ma position hostile à leur projet politique
dès la nuit du 6 au 7 Avril, les cerveaux de ce Gouvernement ne m'ont
plus du tout approché. Jusqu'à mon départ de Kigali le 12 Mai 1994.
Je n'ai rencontré aucun membre de ce Gouvernement, J'ai à chaque fois
eu un empêchement justifié ( insécurité ou engagement à Arusha ou
à Nairobi ) pour décliner les invitations officielles qu'ils m'adres-
saient de les rencontrer.
Vous ne me verrez nulle part sur une photo où un fiim avec
les membres de ce " Gouvernement Intérimaire".
Par contre, j'ai présidé le 15 Avril une réunion regroupant
les FAR dirigées par le Colonel GATSINZI, Chef d'Etat Major par
intérim des FAR et une délégation militaire du FPR pour discuter de
la possibilité de signer un accord de cessez le feu.
Je dois dire que pour le Sécrétariat Général des Nations
Unies à New-York que j'ai consulté, il n'y avait aucune objection
pour que je puisse rencontrer les autorités intérimaires du RWANDA,
car L'ONU n'a pas pour principe de juger de la légitimité des Gouver-
nements : Elle traite avec les autorités en place, un point c'ést tout
Le 25 Mai, M. REZA sera reçu à Gitarama par le Prémier Ministre du
“ gouvernement Intérimaire " en qualité d'Envoyé Spécial de
BOUTROS BOUTROS-GHALT.
RÉPONSE A LA HUITIEME QUESTION:
J'ai appris la mort des Casques Bleus Belges le 7 Avril.
C'est je crois le Général DALLAIRE qui me l'a confirmé. Il était
furieux que les FAR ou la Garde Républicaine aient refusé un moment
qu'il prenne possession des Corps des Soldats,
Je ne connais pas les circonstances exactes de la mort
des Soldats Belges. Le Général DALLAIRE est mieux placé pour vous
donner des détails à ce sujet.
RÉPONSE À LA NEUVIEME QUESTION:
Je ne sais pas qui a participé le 9 Avril à la prestation
de serment des nouvelles autorités, L'insécurité était telle à
Kigali que le Général DALLAIRE m'a conseillé de ne pas me rendre
../ 9.
au lieu des cérémonies. A-t-il pu lui même s'y rendre ?
je ne sais pas.
En fait, le 9 Avril, les non Rwandais se préoccupaient
plus à quitter le pays qu'à participer aux cérémonies organisées
par les nouvelles autorités: La MINUAR était assaillie par des
demandes d'aide et de protection tant des Rwandais que de
non Rwandais./-
Yaoundé, 20 Juillet 1995.
Docteur Jacques-Roger BOOH BOOH
Ancien Représentant Spécial du
Secrétaire Général de L'ONU au RWANDA